La Côte d’Ivoire a lancé un projet portant sur la valorisation énergétique des déchets organiques issus de l’agriculture ainsi que la promotion de la cuisson propre. D’une durée de quatre ans, cette initiative intitulée « Valorisation de la biomasse-énergie et de la cuisson propre » (VABICUI) est financée par un don de près de 5 millions d’euros, accordé par l’Union européenne (UE).
Le projet est mis en œuvre par l’Agence belge de développement (Enabel) en collaboration avec les ministères ivoiriens en charge de l’Énergie et de l’Environnement. VABICUI prévoit l’augmentation du nombre d’entrepreneurs actifs et du volume d’activité économique dans les filières de valorisation énergétique des résidus de biomasse et de cuisson propre et efficace, a indiqué Enabel.
Il s’agit, at-on ajouté, d’améliorer l’environnement des affaires de la biomasse-énergie et de la cuisson propre et de renforcer l’environnement réglementaire et institutionnel en faveur de la biomasse-énergie et de la cuisson propre.
En Côte d’Ivoire, le secteur de la cuisson propre et celui de la valorisation énergétique des déchets restent peu vulgarisés et connus au plan national, bien que de nombreuses potentialités existantes, à fait remarquer un responsable d’Enabel.
Dans ce pays, les déchets agricoles des principales matières premières (cacao, coton, hévéa, huile de palme) s’élèvent à jusqu’à 17 millions de tonnes par an et représentent une opportunité pour les acteurs du biogaz, du compost et des énergies renouvelables, selon un document de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ). Cependant, malgré la disponibilité de la matière première, la valorisation des déchets organiques est assez embryonnaire.
Le projet VABICUI contribuera « à réduire les émissions de gaz à effet de serre, et plus spécifiquement à respecter les engagements internationaux du pays en la matière », a souligné Enabel. En effet, la Côte d’Ivoire est engagée à réduire de 30 pour cent ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030.
Pour ce faire, elle projette de porter la part des énergies renouvelables dans son mix électrique à 45 pour cent d’ici à 2030, grâce notamment à l’augmentation à 900 MW de la capacité de production à partir de systèmes photovoltaïques, et de 410 MW par les centrales à biomasse. Le pays projette également à porter le taux d’utilisation de solutions de cuisson propre (butane, biogaz, biochar) à 50 pour cent à l’horizon 2030, contre 20 pour cent en 2024.
En Afrique subsaharienne, l’utilisation intensive des combustibles traditionnels de la biomasse pour cuisiner entraîne des problèmes de santé importants, en particulier pour les femmes, et des défis environnementaux liés à la déforestation et à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
dpa