Alors que la crise humanitaire s’aggrave dans le Sahel central, des millions d’enfants continuent de souffrir des conséquences psychologiques durables de la violence armée, du déplacement forcé et de l’insécurité alimentaire. Un programme d’aide éducative et psychosociale, mis en œuvre par le Norwegian Refugee Council (NRC), tente d’atténuer ces traumatismes mais manque cruellement de financements.
Selon le NRC, qui opère dans les trois pays du Sahel central Burkina Faso, Mali et Niger, près de 12 millions de personnes ont aujourd’hui besoin d’aide humanitaire, dont 8,2 millions d’enfants. Beaucoup d’entre eux ont été exposés à des scènes de violence extrême qui laissent des traces profondes dans leur psyché.
Pour répondre à ce besoin, le NRC a déployé le Better Learning Programme (BLP), une initiative qui combine soutien psychosocial et réadaptation à l’école. Conçu en collaboration avec l’Université arctique de Norvège et les ministères de l’Éducation locaux, ce programme a permis à environ 100 000 enfants d’entamer un processus de guérison. Il aide notamment les jeunes à gérer le stress, réguler leurs émotions et retrouver une routine scolaire.
« Ces programmes donnent aux enfants les outils pour commencer à guérir, et aux communautés une chance de reconstruire l’espoir », souligne Hassane Hamadou, directeur régional du NRC pour l’Afrique de l’Ouest et centrale. Malgré ces progrès, une pénurie de financement limite l’accès à ces soins à une fraction des enfants qui en ont besoin, avertit l’organisation.
Le programme implique aussi les enseignants, souvent dépassés par la situation. Ces derniers reçoivent une formation pour mieux accompagner les élèves touchés par le traumatisme, et utilisent des techniques simples comme des exercices de respiration pour instaurer un environnement plus serein en classe.
Plusieurs gouvernements de la région reconnaissent l’importance de l’approche. Au Burkina Faso, par exemple, le programme est en cours d’adoption à l’échelle nationale.
Pour le NRC, il est désormais urgent que les bailleurs internationaux augmentent significativement leur soutien, afin que ces initiatives puissent être mises en œuvre à une échelle répondant réellement à l’ampleur de la crise. L’organisation appelle également les autorités éducatives à intégrer de façon systématique le soutien psychosocial dans la formation des enseignants et dans les programmes scolaires.
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