La construction de la « Grande Côte d’Ivoire » ne peut se limiter à la seule dynamique de la capitale économique. Elle doit s’appuyer sur des villes secondaires fortes, structurées et compétitives, capables de porter un développement durable et plus inclusif. C’est la vision portée par les autorités ivoiriennes, qui misent sur la création de pôles économiques régionaux, de zones industrielles modernes et d’infrastructures stratégiques pour stimuler l’investissement, créer massivement des emplois et accélérer la transformation structurelle de l’économie.
Cette ambition repose sur un principe clair : rapprocher la croissance des populations, réduire les inégalités territoriales et faire des villes secondaires de véritables moteurs de développement. À Bouaké, San Pedro et Korhogo, cette dynamique est déjà perceptible.
À Bouaké, deuxième ville du pays, la renaissance est visible. Les transformations opérées ont été largement appréciées lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2023) et, plus récemment, durant les célébrations du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance. Longtemps marginalisée par les crises successives, la ville retrouve aujourd’hui sa place stratégique au cœur de la Côte d’Ivoire. L’achèvement de l’autoroute du Nord, notamment du tronçon Tiébissou–Bouaké au second semestre 2023, a considérablement facilité son accès et renforcé son attractivité économique.
La modernisation de Bouaké s’appuie aussi sur le renforcement de son capital humain et de son dispositif sanitaire. L’université et les structures de formation se multiplient, améliorant l’offre éducative pour les jeunes. Le secteur de la santé a bénéficié de la construction d’un nouveau Centre hospitalier régional (CHR) et d’un institut de cardiologie destiné à appuyer le Centre hospitalier universitaire (CHU). Par ailleurs, la création d’une nouvelle zone industrielle vise à attirer les investisseurs et à faire de Bouaké un pôle majeur d’activités économiques dans le centre du pays.
Plus au sud-ouest, San Pedro confirme son rôle de deuxième poumon économique de la Côte d’Ivoire. La réhabilitation et l’inauguration de la Côtière, route stratégique, ont redonné un souffle nouveau à la ville. Son port autonome, principale porte de sortie des produits agricoles destinés à l’exportation, demeure un atout majeur. D’importants travaux y sont engagés afin d’attirer davantage d’opérateurs économiques et de consolider sa vocation industrielle.
La création de la zone industrielle de Kablaké, d’une superficie d’environ 510 hectares et située à proximité du port, répond à la forte demande en terrains industriels et vise à soutenir durablement l’industrialisation de la ville. San Pedro renforce également son attractivité par des investissements dans l’éducation et la santé : l’université de la ville a ouvert ses portes le 19 octobre 2021 avec des filières innovantes adaptées aux besoins locaux, tandis qu’un nouveau CHR doté d’un plateau technique moderne est opérationnel depuis le 6 avril 2022.
La ville bénéficie en outre des installations sportives héritées de la CAN 2023 et du déploiement de 198 kilomètres de fibre optique, selon le bilan régional 2011-2025 du gouvernement, ce qui renforce son potentiel numérique et économique.
Au nord, Korhogo s’impose progressivement comme un pôle économique régional dynamique. Dans la région du Poro, le nombre de localités électrifiées est passé de 99 à 729 entre 2011 et 2025, améliorant considérablement l’accès à l’énergie. La réhabilitation de l’aéroport de Korhogo facilite désormais la mobilité et l’ouverture de toute la région. Par ailleurs, 634 PME ont bénéficié d’un renforcement de leurs capacités techniques et managériales, stimulant ainsi l’entrepreneuriat local et l’activité économique.
Ces transformations ne se limitent pas à ces trois villes. De grands travaux sont engagés dans plusieurs autres localités afin de poser les bases d’une industrialisation progressive du territoire. Le développement de zones industrielles apparaît comme un levier central de cette stratégie, en favorisant l’implantation d’entreprises, la création d’emplois et l’émergence d’écosystèmes productifs régionaux.
Le Président de la République, Alassane Ouattara, a d’ailleurs assuré que cette politique de transformation concernera bientôt d’autres villes comme Man, Daloa, Bondoukou, Abengourou et Odienné, afin de consolider un maillage économique équilibré sur l’ensemble du territoire.
Dans la même dynamique, la Banque mondiale, sur proposition du gouvernement ivoirien, a approuvé une nouvelle opération destinée à financer la construction d’infrastructures urbaines durables dans huit villes secondaires : Bouna, Boundiali, Ferkessédougou, Korhogo, Odienné, Ouangolodougou, Tengréla et Man. Le Projet de Développement Durable et Inclusif des Villes Secondaires vise à améliorer l’accès aux services de base et à des infrastructures urbaines résilientes face aux changements climatiques.
Pour le gouvernement, le renforcement de ce programme est stratégique. Il doit stimuler l’entrepreneuriat national et mieux intégrer les entreprises ivoiriennes, portées par des champions locaux, dans les chaînes de valeur régionales et internationales. À travers cette politique, la Côte d’Ivoire ambitionne de bâtir un modèle de développement plus équilibré, où chaque ville, grande ou moyenne, devient un maillon essentiel de la croissance, de l’inclusion sociale et de la prospérité nationale.
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