Quarante-deux jours sans le moindre nouveau cas confirmé. C’est ce seuil, exigé par les protocoles internationaux de surveillance épidémiologique, qui a permis aux autorités éthiopiennes d’annoncer officiellement la fin de la première épidémie de la maladie à virus de Marburg jamais enregistrée dans le pays. Une victoire sanitaire obtenue en moins de trois mois, au terme d’une mobilisation intense de l’État, appuyée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
L’épidémie avait été confirmée le 14 novembre 2025 dans la région du Sud de l’Éthiopie. Pour ce pays de plus de 120 millions d’habitants, confronté pour la première fois à ce virus hautement létal de la même famille qu’Ebola, l’enjeu était considérable. Le Marburg, dont le taux de mortalité peut dépasser 80 %, représente l’un des risques sanitaires les plus redoutés en Afrique subsaharienne.
La riposte s’est voulue immédiate. Dans les vingt-quatre heures suivant la confirmation du premier cas, l’OMS a activé ses mécanismes d’urgence pour soutenir l’action gouvernementale. Trente-six experts ont été déployés sur le terrain, tandis que vingt-huit autres agents ont été redéployés afin de renforcer les opérations. Surveillance, diagnostic en laboratoire, prise en charge des malades, prévention et contrôle des infections, logistique, communication avec les populations : tous les piliers de la réponse sanitaire ont été simultanément activés.
Au total, quatorze cas confirmés ont été recensés, dont neuf décès et cinq guérisons. À ces chiffres s’ajoutent cinq décès considérés comme des cas probables. L’épidémie a touché quatre districts : Jinka, Malle et Arba Minch dans la région du Sud, ainsi que Hawassa dans la région de Sidama. Des zones placées sous haute surveillance, où la détection active des cas, l’isolement rapide des patients et la désinfection systématique des structures de santé ont été érigés en priorités absolues.
La stratégie reposait en grande partie sur le traçage méticuleux des contacts. Huit cent cinquante-sept personnes ont été identifiées comme ayant été exposées au virus et suivies quotidiennement pendant vingt et un jours. Ce travail de fourmi, essentiel pour rompre les chaînes de transmission, a permis d’éviter une propagation communautaire à grande échelle.
Mais la crise a aussi rappelé la vulnérabilité du personnel soignant. Trois agents de santé ont été infectés. Deux sont décédés, un a survécu. Ces pertes soulignent la dangerosité extrême du virus et la nécessité permanente de renforcer les mesures de protection dans les établissements médicaux, souvent en première ligne face aux épidémies.
La fin officielle de l’épidémie ne signifie toutefois pas un retour à la normale sans vigilance. Elle marque plutôt l’aboutissement d’une phase critique de gestion de crise et ouvre une nouvelle étape, celle du renforcement durable des capacités nationales. Pour les autorités éthiopiennes, l’enjeu est désormais de capitaliser sur cette expérience afin d’améliorer les systèmes de surveillance, la formation des personnels de santé et la préparation aux futures urgences sanitaires.
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