À quelques semaines de la Tabaski, fête marquée par une forte consommation de viande, le gouvernement ivoirien se mobilise pour éviter tout dérapage des prix. Sous l’impulsion du Premier Ministre, Robert Beugré Mambé, une réunion stratégique a réuni ce lundi 5 mai à Abidjan les ministères concernés et les représentants de la filière bétail-viande. Objectif : assurer l’approvisionnement équilibré du marché et protéger le pouvoir d’achat des familles.
Premier constat rassurant : le cheptel est là . Les têtes de moutons sont bien présentes sur le territoire national. Le problème réside plutôt dans leur localisation. Le sud du pays, en particulier Abidjan, concentre l’essentiel des stocks, laissant certaines régions comme Korhogo encore peu servies.
Ce déséquilibre est la conséquence d’un changement de circuits d’approvisionnement , comme l’a expliqué le Ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Touré.
« Le bétail arrive désormais par Noé, via le Bénin, le Togo et le Ghana, et non plus par Ouangolodougou, comme auparavant. »
Un glissement logistique provoqué par l’instabilité sécuritaire dans certaines zones sahéliennes, avec un impact potentiel sur les coûts.
Face à cette situation, le Chef du Gouvernement a été clair : il n’est pas question de laisser les prix s’envoler. Il a instruit ses équipes d’ explorer tous les moyens de transport disponibles — route, mer, ou même air — pour garantir une distribution fluide, à coût maîtrisé.
« Nous ne voulons pas entendre parler de hausses. Pas un centime de plus, pas de taxes arbitraires ! », a-t-il insisté, dans une ton ferme qui a rassuré les acteurs du secteur.
Ce message a été bien reçu par les représentants de la chaîne bétail-viande. Sawadogo Issaka, président de l’Organisation interprofessionnelle agricole bétail-viande, a salué l’attitude du Premier Ministre :
« Il a réglé le problème en posant des limites claires. Il appartient maintenant aux acteurs de s’organiser pour le bien des consommateurs. »
Même tonalité du côté du Général Soumahoro Gaoussou, à la tête de l’interprofession des petits ruminants :
« On est confiants. Cette année, il n’y aura pas de tension sur le marché. »
Le besoin en bétail s’élève à 150 000 têtes pour la Tabaski 2025. Les quantités déjà disponibles seront exploitées plus précisément d’ici le 15 mai.
En prenant les devants, le gouvernement ivoirien montre sa volonté de faire de la Tabaski un moment de célébration et non de pression économique . Une démarche saluée, dans un contexte où la moindre hausse des prix pourrait entamer la confiance des populations.
imedias.net