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Simandou : la société civile guinéenne alerte sur la transparence et la rentabilité du mégaprojet minier

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La Guinée, riche de son potentiel minier exceptionnel, voit son gigantesque projet Simandou, l’un des plus vastes gisements de minerai de fer au monde, au centre de toutes les attentions nationales et internationales. Alors que le projet est désormais en phase d’exploitation, la société civile guinéenne tire la sonnette d’alarme sur plusieurs zones d’ombre et risques potentiels liés à sa gestion, à la transparence et aux retombées économiques pour le pays.

Le projet Simandou, porté par Simfer SA et le Winning Consortium Simandou (WCS), vise à produire jusqu’à 120 millions de tonnes de minerai de fer par an, avec des investissements estimés à 20 milliards de dollars pour la première phase. La qualité exceptionnelle du minerai, avec une teneur supérieure à 65 %, en fait un produit de très haute valeur sur le marché mondial. Selon un rapport du Ministère du Budget et des Mines, appuyé par la Banque mondiale dans le cadre du projet PGRNME, le gisement totaliserait plus de 3 milliards de tonnes de réserves.

Depuis les premières ambitions portées par les différents régimes guinéens, le projet a connu des étapes marquées par des rebondissements judiciaires et administratifs, dont le célèbre bras de fer avec le Franco-Israélien Benny Steinmetz en 2015, qui a abouti au retour des blocs 1 et 2 dans le portefeuille de l’État. En 2019, ces blocs ont été attribués à un consortium d’entreprises chinoises, suivi du lancement des premiers travaux d’infrastructures en octobre 2020, comprenant un chemin de fer de plus de 600 km et un port en eau profonde à Moribaya.

Toutefois, la révision des conventions minières en 2023 par le CNRD soulève des interrogations. Les contenus de ces accords restent largement méconnus du public et de la société civile, en violation présumée des normes internationales et du code minier guinéen. Cette situation nourrit des inquiétudes sur le respect des droits du peuple guinéen, la rentabilité du projet et la transparence des opérations.

Dans un mémorandum publié récemment, le Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG) identifie plusieurs préoccupations :

  • Respect des lois et traités : Le démarrage de l’exploitation avant la publication complète des conventions minières soulève des questions de légalité et de droit à l’information publique.

  • Rentabilité économique : La part gratuite pour l’État, limitée à 15 % alors que le code minier autorise jusqu’à 35 %, et les exonérations fiscales accordées aux entreprises, pourraient réduire les revenus attendus.

  • Infrastructures intégrées : Le report ou l’inachèvement du port en eau profonde et des infrastructures ferroviaires inquiète quant à la durabilité et la rentabilité à long terme.

  • Impacts sociaux et environnementaux : Les droits des communautés locales, la préservation de la biodiversité et la gestion des risques environnementaux restent des points sensibles.

Le FFSG appelle l’État et les parties prenantes à publier tous les documents de base, garantir une exploitation transparente et équitable et mettre en place des mécanismes de surveillance et de réparation pour protéger les droits socioéconomiques et environnementaux des Guinéens.

Face à ces incertitudes, la société civile guinéenne envisage une série d’actions pacifiques pour exiger plus de transparence et de responsabilité. Le mémorandum se veut un document de référence pour informer le public, mobiliser les communautés locales et préparer d’éventuels recours devant les tribunaux nationaux et internationaux si nécessaire.

Le projet Simandou représente une opportunité historique pour la Guinée, mais le FFSG insiste sur le fait que la gestion du minerai de fer doit bénéficier aux générations présentes et futures, avec un respect strict des normes et des droits du peuple.

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