Au Sénégal, un programme de déminage soutenu par l’Union européenne (UE) et mis en œuvre depuis décembre 2023 en Casamance (sud) a déjà permis de dépolluer près de 400 000 mètres carrés (m2) de terres rendues aux communautés dans cette région où un conflit entre l’État et des séparatistes a contaminé le territoire par des mines antipersonnel et d’autres engins explosifs.
« Le déminage est bien plus qu’une opération technique : il sauve des vies, sécurise les terres, restaure la dignité et permet la reprise des activités agricoles et économiques », a souligné l’ambassade de l’UE, qui a rapporté l’information.
Le conflit qui oppose depuis 1982 l’État du Sénégal au Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (MFDC), un groupe séparatiste, a contaminé trois millions de mètres carrés, selon une Enquête d’urgence sur l’impact des mines en Casamance (EUIMC) effectuée en 2006 sur financement du Canada. Le Centre national d’action antimines au Sénégal (CNAMS), un organisme gouvernemental, met en œuvre depuis 2008 un programme de déminage humanitaire en Casamance, soutenu par des partenaires internationaux.
D’après le CNAMS, à ce jour, plus de 2,2 millions de m2 ont déjà été déminés dans la région, permettant la découverte et la destruction de 527 engins explosifs. Le déminage des territoires a permis à environ 6 800 ménages de regagner leurs villages d’origine en 2025, contre plus de 5 600 en 2024, selon l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), une institution gouvernementale.
Environ 1,3 million de mètres carrés de terres demeurent contaminés par les mines et les restes explosifs de guerre dans la région, selon le CNAMS. Dakar veut parachever le déminage de cette superficie dans le cadre du délai (mars 2026) accordé au Sénégal par la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel (Convention d’Ottawa).
Le 23 février 2025, le gouvernement sénégalais et le MFDC ont signé, dans la capitale de la Guinée-Bissau, un accord de paix, qui constitue un pas important vers la résolution du conflit. Le président Bassirou Diomaye Faye a appelé en décembre tous les acteurs encore engagés dans la rébellion en Casamance à rejoindre sans délai le processus de paix. Depuis le début du conflit, près de 870 victimes (décès et blessures) de mines ont été enregistrées dans la région, selon le CNAMS.