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Ouganda : les recettes publiques projetées à plus de 40 000 milliards de shillings pour l’exercice 2026/2027

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Le gouvernement ougandais prévoit de mobiliser plus de 40 000 milliards de shillings de recettes pour l’exercice budgétaire 2026/2027. L’annonce a été faite par le ministre d’État chargé des Finances, de la Planification et du Développement économique (fonctions générales), Henry Musasizi, lors de son audition devant la Commission parlementaire des Finances, de la Planification et du Développement économique, présidée par le député Amos Kankunda.

Selon le ministre, cette projection représente une hausse de 3 350 milliards de shillings par rapport à l’objectif de l’exercice 2025/2026, fixé à 36 730 milliards de shillings. Une progression qui s’inscrit dans la stratégie de l’Autorité fiscale ougandaise (URA) visant à renforcer la mobilisation des ressources internes pour soutenir le développement national.

Henry Musasizi a également présenté les prévisions budgétaires de l’URA pour l’exercice 2026/2027, estimées à 877,296 milliards de shillings. Ces fonds serviront à appuyer les actions destinées à accroître les recettes domestiques, améliorer la coordination institutionnelle, renforcer la gestion et optimiser les mécanismes de suivi et de reporting.

Cependant, ces projections ont suscité plusieurs interrogations au sein de la commission parlementaire. Le député de la municipalité de Sheema, Dicksons Kateshumbwa, s’est demandé si les moyens accordés à l’URA sont réellement suffisants pour atteindre un objectif de recettes aussi ambitieux. Il a également attiré l’attention sur le fonctionnement des banques publiques telles que Pearl Bank Uganda et la Uganda Development Bank (UDB).

« Quel est le rôle exact de ces banques ? Opèrent-elles différemment des banques privées ? Certaines personnes contractent des prêts et refusent ensuite de rembourser en prétextant qu’il s’agit d’une banque appartenant à l’État », a-t-il souligné.

De son côté, le député Paul Omara, représentant indépendant du comté d’Otuke, a interrogé le gouvernement sur les mécanismes concrets qui permettront d’atteindre cette augmentation significative des recettes, notamment l’écart entre l’exercice en cours et la projection pour 2026/2027.

En réponse, le Secrétaire permanent et Secrétaire au Trésor, Ramathan Ggoobi, a expliqué que le ministère des Finances soutient l’URA sur la base d’une logique de retour sur investissement clairement définie.
« Chaque fois que nous investissons dans le renforcement des capacités de l’URA, elle doit démontrer l’impact de ces investissements par une augmentation mesurable des recettes collectées », a-t-il déclaré.

Ramathan Ggoobi a également indiqué que l’atteinte du seuil des 40 000 milliards de shillings sera rendue possible par une croissance économique plus rapide et par l’introduction d’une nouvelle politique fiscale axée sur des réformes favorables à la mobilisation des recettes.

Il a toutefois relativisé ce chiffre en le comparant à la taille globale de l’économie ougandaise.
« Les 40 000 milliards restent modestes dans une économie évaluée à 284 000 milliards de shillings. Notre objectif est d’atteindre un taux de mobilisation de 20 % à moyen terme, soit dans les cinq prochaines années. Nous sommes actuellement à un niveau légèrement inférieur à 14 % », a-t-il précisé.

Concernant les banques publiques, le Secrétaire permanent a insisté sur le fait qu’elles ne bénéficient d’aucun traitement de faveur par rapport aux établissements privés. Leur mission principale est de soutenir les secteurs stratégiques en contribuant à réduire le coût des affaires, sans compromettre la stabilité du système financier.

« Elles doivent respecter exactement les mêmes règles que les banques privées. La Banque centrale veille à l’application stricte de ces normes, et toute institution qui s’en écarte s’expose à des sanctions, voire à une fermeture », a-t-il averti.

Dans le cadre de son budget pour l’exercice 2026/2027, le ministère des Finances prévoit de renforcer la capitalisation des banques publiques et de plusieurs mécanismes de financement, notamment la Uganda Development Bank (UDB), Pearl Bank, le Fonds de crédit agricole (ACF), le régime d’assurance agricole de l’Ouganda (UAIS), le Fonds de relance des petites entreprises (SBRF) et le programme de soutien aux grands exploitants agricoles.

À travers ces mesures, le gouvernement entend consolider la mobilisation des ressources internes, stimuler l’investissement productif et renforcer la capacité de l’État à financer durablement ses priorités économiques et sociales.

Imedias.net