La Gambie et la Mauritanie, deux pays de départ et de transit pour la migration irrégulière vers l’Europe, vont mettre en place des mécanismes coordonnés pour enquêter sur les cas de migrants portés disparus et décédés en mer le long des routes migratoires reliant l’Afrique et le vieux continent.
Ces mécanismes s’inscrivent dans le cadre d’un projet lancé par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et financé par le Département fédéral des affaires étrangères de la Suisse. Il s’agit de la première initiative de ce genre en Afrique de l’Ouest, a souligné l’OIM, agence onusienne spécialisée. Le projet s’appuiera, a-t-on ajouté, sur l’expertise de l’OIM, qui recueille depuis des années des données sur les migrants disparus et sur la gestion des migrations.
Il sera mis en œuvre en coordination avec les initiatives du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de l’Équipe argentine d’anthropologie médico-légale et des antennes nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, dans des domaines tels que l’identification médico-légale, la recherche des familles et l’aide psychosociale, a-t-on précisé.
Instaurer une réponse globale aux défis complexes
Le projet vise à améliorer la coordination nationale concernant les migrants disparus dans les deux pays et à instaurer une réponse globale aux défis complexes qui surviennent lorsqu’un migrant décède ou disparaît, a-t-on poursuivi.
Des formations sur mesure et un accompagnement technique renforceront les capacités institutionnelles et la coopération transfrontalière, permettant aux pays de localiser les disparus, d’identifier les dépouilles et, au final, d’éviter que ces tragédies ne tombent dans l’oubli, a-t-on expliqué.
« En donnant de meilleurs moyens aux gouvernements nationaux et locaux et en consolidant la coopération transfrontalière, nous sauvons non seulement des vies, mais nous redonnons également espoir et dignité aux familles qui attendent depuis trop longtemps des réponses », a déclaré Sylvia Ekra, Directrice régionale de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et centrale.
Au cours des dix dernières années, l’OIM a enregistré plus de 30 000 décès de migrants disparus en Méditerranée, 5 000 le long de la route atlantique de l’Afrique de l’Ouest vers l’Espagne, et près de 6 000 lors de traversées du désert du Sahara, a-t-on rappelé.
Des tragédies récentes, comme le naufrage au large de Nouakchott en août 2025 en Mauritanie, ayant fait au moins 134 victimes, soulignent l’urgence d’agir, a indiqué l’OIM.
dpa