La visite de travail du Premier ministre bissau-guinéen Ílidio Vieira Té en Guinée a débouché sur des engagements concrets, notamment la réactivation de la grande commission mixte bilatérale, mécanisme dormant depuis plusieurs années.
Ils ne se sont pas quittés sans feuille de route. À l’issue de deux jours d’échanges nourris dans la capitale guinéenne, les Premiers ministres Amadou Oury Bah et Ílidio Vieira Té ont présenté, lors d’un point de presse conjoint, les contours d’une coopération bilatérale qu’ils entendent désormais sortir de l’immobilisme.
La visite de travail et d’amitié du chef du gouvernement de Guinée-Bissau la première de cette ampleur depuis de longues années a été marquée, dès son ouverture, par un geste fort : une audience accordée par le Président de la République guinéenne, le général Mamadi Doumbouya. Un signal qui, dans le protocole ouest-africain, ne saurait être anodin.
« Les deux délégations ont convenu de réactiver la grande commission mixte, en vue d’impulser une nouvelle dynamique aux relations entre Conakry et Bissau. »
Les séances de travail, élargies à des rencontres sectorielles entre membres des deux délégations, ont d’abord permis d’établir un diagnostic lucide de l’état des relations bilatérales. Entre les deux pays qui partagent une frontière de plusieurs centaines de kilomètres et des communautés ethniques communes, les mécanismes institutionnels de coopération avaient largement périclité ces dernières années, victimes d’instabilités politiques et d’un agenda commun jamais vraiment consolidé.
La commission mixte, pierre angulaire d’une relance
Au cœur des engagements pris figure la réactivation de la grande commission mixte guinéo-bissau-guinéenne. Cet organe de concertation intergouvernemental, prévu par les accords bilatéraux existants mais resté lettre morte depuis trop longtemps, doit servir de cadre à la programmation et au suivi des projets communs. Sa remise en marche constitue, aux yeux des deux parties, le préalable indispensable à tout progrès concret.
Les discussions ont permis de circonscrire quatre domaines jugés prioritaires : l’énergie avec la perspective d’interconnexions électriques dans une région où les déficits sont chroniques, les infrastructures de transport, l’intégration économique et la gestion concertée des frontières communes. Ce dernier volet revêt une dimension sécuritaire particulière dans une sous-région où les trafics illicites prospèrent sur la porosité des frontières.
Un rapprochement dans un contexte régional complexe
Ce réchauffement diplomatique intervient dans un contexte régional particulièrement sensible. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) traverse une crise institutionnelle profonde depuis le retrait annoncé du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Dans ce paysage fragmenté, le rapprochement entre Conakry et Bissau apparaît comme un signal d’attachement à une logique de coopération pragmatique, indépendante des turbulences que traverse l’organisation sous-régionale.
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