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Afrique du Sud : Washington accorde 115 millions de dollars pour une transition du financement de la lutte contre le VIH

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Le gouvernement sud-africain a annoncé avec satisfaction l’octroi d’une aide transitoire de 115 millions de dollars par les États-Unis pour soutenir son système de santé dans la lutte contre le VIH/sida. Ce financement, octroyé dans le cadre du programme américain PEPFAR (President’s Emergency Plan for AIDS Relief), vise à accompagner la transition progressive du pays vers une prise en charge plus autonome, alors que l’aide américaine est appelée à diminuer.

Jusqu’à présent, le programme PEPFAR représentait environ 17 % des fonds consacrés à la lutte contre le VIH en Afrique du Sud, un soutien considérable dans un pays où près de 8 millions de personnes vivent avec le virus. L’annonce de la réduction des financements américains avait provoqué une onde de choc dans le secteur de la santé publique, entraînant la fermeture de certaines cliniques et des pénuries de personnel médical.

La ministre sud-africaine à la Présidence, Khumbudzo Ntshavheni, a salué cette enveloppe financière comme une bouffée d’oxygène pour les autorités sanitaires :

« La principale critique était que nous n’avions pas eu assez de temps pour nous y préparer. Avec ces 115 millions de dollars, les États-Unis nous disent : ‘Voilà, jusqu’à cette date vous avez cette enveloppe, mais après c’est terminé’. Cela nous permet de planifier et de nous adapter. »

Ces fonds, répartis sur six mois, jusqu’en mars 2026, devraient permettre au gouvernement de combler temporairement le déficit budgétaire et d’assurer la continuité des soins, notamment dans les structures les plus vulnérables.

Mais pour les acteurs de terrain, cette aide ne suffira pas à éviter une crise plus profonde. Lotti Rutter, directrice adjointe de l’organisation de surveillance communautaire Ritshidze, estime que la situation reste critique :

« Cette nouvelle mesure vise seulement à maintenir le programme en vie pour encore six mois. En réalité, la valeur totale des financements américains a été réduite de moitié cette année. Sur le terrain, près de la moitié des établissements que nous suivons ont réduit leur capacité d’accueil, et 85 % font face à des pénuries de personnel. Tout cela pousse les patients à renoncer aux soins. »

Les inquiétudes portent aussi sur la répartition des nouveaux fonds et leur capacité à répondre aux besoins urgents. Selon plusieurs ONG, la transition risque de fragiliser davantage les populations les plus exposées, notamment les femmes, les jeunes et les communautés rurales.

L’Afrique du Sud, qui mène le plus vaste programme de traitement antirétroviral au monde, doit désormais trouver un équilibre entre autonomie budgétaire et maintien de l’accès universel aux soins. La ministre Ntshavheni assure que des discussions sont en cours pour renforcer la part de financement national et améliorer la gestion des ressources existantes.

Si l’aide américaine marque une étape vers la souveraineté sanitaire du pays, beaucoup craignent qu’elle ne laisse derrière elle un système sous pression et des millions de patients en attente de solutions durables.

Imedias.net