Le Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies (NCDC), avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a lancé la première enquête nationale sur la résistance aux antimicrobiens (RAM) au Nigeria. Il s’agit du troisième pays au monde à mener une telle étude en partenariat avec l’OMS.
L’OMS a averti courant novembre que la RAM demeure une menace silencieuse mais croissante, coûtant la vie à plus de 60 000 personnes au Nigéria chaque année. Selon la même source, le pays enregistre ce fardeau annuellement depuis 1990, soulignant à quel point le problème est profondément enraciné. Rien qu’en 2021, le Nigéria a enregistré environ 227 000 décès associés à la RAM, les enfants de moins de cinq ans payant le plus lourd tribut.
L’enquête vise à établir une base nationale sur la prévalence de la RAM et à mesurer sa distribution, son fardeau et sa diversité selon les régions. Elle s’inscrit dans l’objectif mondial de réduire de dix pour cent les décès liés à la RAM d’ici 2030 et doit renforcer la surveillance de routine, les diagnostics, les systèmes d’envoi d’échantillon et les capacités des laboratoires.
L’enquête échantillonnera environ 35 000 patients suspectés d’infections sanguines pour obtenir environ 800 isolats des pathogènes les plus courants. Elle durera de 12 à 15 mois et couvrira 40 à 45 établissements de santé. Les patients présentant des suspicions d’infections sanguines seront identifiés, et les échantillons de sang seront analysés dans des laboratoires à l’assurance qualité garantie.
L’OMS rappelle que la résistance aux antimicrobiens est un défi sanitaire mondial. La participation du Nigéria renforcera les efforts régionaux et internationaux de surveillance et de coordination. À l’échelle mondiale, les infections résistantes coûtent entre 2 371 et 29 289 dollars par épisode patient, prolongent l’hospitalisation de 7,4 jours et augmentent de 84 pour cent le risque de mortalité, selon une étude de 2023.
dpa