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Une étude révèle le mystère des anciens lacs de cratère au Tibesti

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Des chercheurs allemands ont levé le voile sur l’existence, il y a des millénaires, de profonds lacs nichés dans les cratères des montagnes du Tibesti, au Tchad, rendue possibles par un climat bien plus humide qu’aujourd’hui.

L’équipe de recherche interdisciplinaire souligne avoir identifié un mécanisme climatique inattendu : ces lacs doivent leur formation à des masses d’air humides venues du nord-est, depuis la région méditerranéenne, et non à la mousson ouest-africaine comme on le pensait auparavant.

Dirigée par des scientifiques de la Freie Universität Berlin et de l’Institut Max Planck de météorologie, l’étude met aussi en évidence l’importance des simulations paléoclimatiques à haute résolution. Celles-ci ont permis de modéliser, avec une précision spatiale d’environ cinq km, le climat du Tibesti, il y a quelque 7 000 ans.

Les chercheurs ont prélevé des sédiments dans l’ancien lac du cratère Trou au Natron, puis les ont analysés par technique géochimique au Laboratoire de géographie physique de l’Université de Berlin. Ils ont complété ces données par des observations de terrain et de la télédétection pour reconstituer l’hydrographie du site.

L’équipe a combiné données proxy, télédétection, estimations du bilan hydrique et simulations paléoclimatiques à haute résolution. Elle a pu montrer ainsi qu’il y a 7 000 ans, les montagnes du Tibesti recevaient au moins dix fois plus de précipitations que les plaines environnantes, transformant profondément leu paysage et leur écosystème.

« Pour la première fois, nous avons pu capturer l’orographie abrupte et la dynamique des précipitations dans le Tibesti dans un modèle climatique ce qui n’avait pas été possible auparavant », a déclaré Martin Claussen, chef du groupe de modélisation à l’Institut Max Planck, à Hambourg.

Selon les chercheurs, cette étude reflète les changements hydrologiques dans un climat qui se réchauffe un enjeu d’actualité bien au-delà du Sahara. L’étude intitulée « Mid-Holocene extreme precipitation in the Tibesti, Central Sahara » a été publiée dans Nature Communications.