L’organisation Nigerian Mental Health (NMH), en partenariat avec Nigeria Suicide Prevention Working Group, a traduit le projet de loi sur la prévention du suicide en quatre langues locales : igbo, yoruba, hausa et pidgin. Selon NMH, cette initiative vise à rendre le projet, rédigé en anglais, plus accessible et à renforcer le soutien à la santé mentale. Elle s’inscrit dans la volonté de l’organisation de « changer le récit et transformer les perceptions du suicide au Nigeria ».
Le fondateur de NMH, Chime Asonye, a souligné que lorsque les citoyens peuvent lire la loi dans leur langue, les communautés sont mieux placées pour demander des comptes aux dirigeants et soutenir des changements pour sauver des vies. « C’est un outil pour des conversations salvatrices », a-t-il affirmé. Actuellement en examen à l’Assemblée nationale, le projet de loi instaurerait un cadre national dépénalisant les tentatives de suicide — aujourd’hui passibles d’un an de prison. Il vise à traiter le suicide comme une question de santé publique plutôt qu’un crime.
Environ 15 000 Nigérians se suicident par an
Asonye a rappelé que le Nigeria enregistre environ 17,3 suicides pour 100 000 habitants par an. Selon l’organisation LifeLine International, environ 15 000 Nigérians se suicident par an. D’après les estimations de l’OMS, il y a au moins 20 tentatives de suicide pour chaque acte abouti.
Outre la dépénalisation des tentatives, le projet garantit également des droits et un suivi médical et psychologique aux personnes en détresse. Il prévoit la création d’une unité de prévention du suicide, chargée de coordonner les efforts à l’échelle fédérale. Le texte propose aussi la mise en place de lignes d’assistance téléphonique 24/24, l’intégration de la prévention du suicide dans l’ensemble du système de santé et la formation des professionnels. Il met l’accent sur la collecte de données et la recherche afin d’orienter les politiques publiques.
dpa