Amnesty International alerte sur une nouvelle vague de répression en Tunisie après la condamnation collective, le 8 juillet, de 21 figures de l’opposition dans le cadre de l’affaire dite « Conspiracy Case 2 ». Ces condamnations, portant des peines allant jusqu’à 35 ans de prison, reposent sur des accusations floues liées au terrorisme et à la sécurité de l’État, et illustrent, selon l’ONG, un durcissement des restrictions sur la liberté d’expression et un recul de l’indépendance judiciaire.
Parmi les condamnés figurent des dirigeants du parti Ennahdha, dont Rached Ghannouchi, condamné à 14 ans en son absence, ainsi que d’anciens responsables gouvernementaux et membres d’autres partis d’opposition. Amnesty dénonce un procès marqué par des violations graves des droits à un procès équitable : recours à des témoignages anonymes, absence d’accès libre aux audiences, participation à distance des détenus, et absence de preuves solides.
« Ce procès est un exemple de l’instrumentalisation du système judiciaire pour faire taire toute opposition pacifique », affirme Sara Hashash, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord chez Amnesty. Elle exhorte les autorités tunisiennes à libérer immédiatement toutes les personnes détenues pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux.
Depuis la prise de pouvoir du président Kais Saied en juillet 2021, la Tunisie fait face à une crise de l’état de droit, caractérisée par l’ingérence croissante de l’exécutif dans la justice et une vague de poursuites visant opposants, journalistes et militants, restreignant drastiquement l’espace civique dans le pays.
Amnesty International appelle à l’annulation des verdicts et à la tenue de nouveaux procès transparents, respectant les normes internationales en matière de droits humains, en particulier la liberté d’expression, d’association, et le droit à un procès équitable.
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