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Sports : Bogola Haba revendique une année positive malgré les critiques

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Le ministre en charge des Sports peine à convaincre l’opinion publique en tentant, coûte que coûte, de défendre son bilan à la tête de ce département stratégique. La non-qualification de la Guinée à la dernière Coupe d’Afrique des Nations, remportée par le Sénégal, reste un épisode amer pour de nombreux Guinéens. Pour Keamou Bogola Haba, en revanche, cet échec sportif ne saurait à lui seul résumer l’action gouvernementale. Le ministre affirme que son département a enregistré la meilleure performance de ces dernières années. Une sortie qui, à n’en pas douter, continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion nationale. Au micro de VisionGuinée, il martèle que le sport ne se limite pas uniquement au football.

Cette nouvelle sortie médiatique de Keamou Bogola Haba n’est pas passée inaperçue dans le milieu sportif guinéen. En cherchant à défendre un bilan largement critiqué et marqué, selon ses détracteurs, par des contre-performances notables, le ministre s’est une fois de plus exposé aux critiques. À l’approche d’un éventuel remaniement ministériel, certains membres du gouvernement multiplient les interventions médiatiques pour justifier leur maintien. Le ministre des Sports ne fait pas exception. Dans un entretien accordé à VisionGuinée, il réaffirme que son département a réalisé une année exceptionnelle sur le plan du bilan global.

« C’est la meilleure année pour notre ministère, en termes de bilan. Cela a créé beaucoup de débats au sein du public, parce que le Guinéen a été éduqué et formé à penser que le sport se résume au football, et pas seulement au football, mais à l’équipe nationale senior. C’est quand le Syli gagne qu’on est bon. Quand le Syli ne gagne pas, nous ne sommes pas bons. Alors que le sport, c’est plus de 80 disciplines, et nous en pratiquons plus de 50 dans notre pays », a-t-il déclaré.

Il est indéniable que la Guinée souffre depuis de longues années d’un déficit criant en infrastructures sportives. Un retard que les autorités peinent à combler, y compris au niveau du ministère des Sports. Malgré cette réalité largement partagée par les acteurs du secteur et les citoyens, Keamou Bogola Haba persiste à défendre ce qu’il qualifie de meilleurs résultats pour le sport guinéen. Depuis près de deux ans, les principaux stades du pays sont en chantier. Les travaux s’éternisent, tandis que les promesses peinent à se concrétiser. Toutefois, la rénovation des stades de Nongo et du 28-Septembre est présentée par le ministre comme une avancée majeure, à laquelle s’ajoutent de nouveaux projets en perspective.

« Nous disons que c’est notre meilleure année sportive, surtout en termes d’investissements. Il y a les grands stades comme Nongo et le 28-Septembre. Il y a aussi le grand stade de Kansoya. Ce sont des investissements que l’État n’avait jamais réalisés auparavant. L’État n’avait jamais injecté de ressources du Budget national de développement pour construire des stades. Même les stades de proximité, cela n’existait pas. Aujourd’hui, à Conakry seulement, nous en avons plus d’une douzaine en cours de livraison. Tout cela relève du BND. On n’avait jamais connu ça », s’est-il félicité.

Le football demeure, sans conteste, le sport le plus populaire en Guinée et occupe une place centrale dans l’imaginaire collectif. Conscient de cette réalité, Keamou Bogola Haba soutient néanmoins que les ministres ne sont pas nommés uniquement pour gérer le football. Ils ont, selon lui, une responsabilité plus large dans le développement global du sport. Il affirme par ailleurs que certains ministres ont été menacés de perdre leur poste en raison des mauvais résultats du Syli National, rappelant que l’action ministérielle ne peut se réduire aux performances d’une seule équipe.

« Des ministres ont été menacés, on disait qu’il fallait les enlever parce que le Syli n’a pas gagné. Quand un ministre arrive, tout son problème devient comment se battre pour que le Syli gagne. Pourtant, ce n’est pas son travail. C’est le travail de la fédération, des entraîneurs et des techniciens. Le rôle du ministre, c’est de mobiliser des ressources pour former les entraîneurs, former les arbitres, mettre en place des infrastructures et organiser des événements. C’est ainsi qu’on développe le sport. Et quand le travail est bien fait, les résultats sportifs finissent forcément par suivre, parce qu’il y aura davantage de talents », a-t-il conclu.

Med Sesay