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Soudan : près de 50 morts dans des heurts tribaux au Darfour

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Près de 50 personnes ont été tuées et 241 blessées en deux jours de combats tribaux au Darfour, une région de l’ouest du Soudan déchirée par les violences, a indiqué le Croissant-rouge local jeudi.

Des heurts ont eu lieu dimanche et lundi à El Geneina, capitale de l’Etat du Darfour-Ouest, entre des membres armés de tribus arabe et africaine qui ont incendié plusieurs maisons, a précisé la même source. 

Au moins 48 personnes ont péri et 241 blessées, a-t-elle indiqué sans dire s’il y avait des civils parmi les victimes. Dix-neuf des blessés sont dans un état critique et ont été transférés à Khartoum, à 1.100 km à l’est d’El Geneina.

Des habitants contactés par téléphone ont confirmé à l’AFP que les combats avaient cessé et indiqué que des forces de sécurité patrouillaient les routes principales de la ville. 

Le gouvernement a imposé un couvre-feu dans le Darfour-Ouest lundi. Une délégation officielle s’est rendue sur place et des troupes ont été déployées à El Geneina.  

Selon des médias soudanais, les heurts ont éclaté après une dispute entre deux personnes. 

Une femme contactée par téléphone a indiqué à l’AFP avoir fui un camp de déplacés de la minorité ethnique non arabe Masalit près d’El Geneina, après que des assaillants ont mis le feu à des tentes.  

“Nous n’avons pas de nourriture et seulement les habits que nous portons. Des corps gisent sur le sol” dans le camp, a-t-elle déclaré. 

En janvier 2016, six personnes ont été tuées dans des violences au Darfour-Ouest entre des membres de la tribu des Masalit et des membres de celle arabe de Beni Halba. Les heurts avaient déclenché des manifestations à Khartoum pour demander “la fin des massacres dans les camps de déplacés”. 

Le Darfour est déchiré par les violences depuis que des rebelles issus de minorités ethniques ont pris en 2003 les armes contre le pouvoir central d’Omar el-Béchir, l’accusant de marginaliser leur région.

Fin décembre, le gouvernement soudanais et neuf groupes rebelles ont adopté une feuille de route pour mettre fin au conflit au Darfour. 

Incarcéré depuis sa destitution par l’armée en avril 2019 sous la pression de la rue, M. Béchir a été jugé coupable de corruption. Une enquête a été en outre ouverte contre lui et 50 responsables soudanais pour crimes au Darfour. 

M. Béchir fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux émis en 2009 et 2010 par la Cour pénale internationale pour “génocide”, “crimes contre l’humanité” et “crimes de guerre” au Darfour.

AFP

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