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Soudan – Nord-Darfour : L’urgence humanitaire s’aggrave avec l’arrivée de la saison des pluies, alerte Amnesty International

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Alors que les premières pluies s’abattent sur la région du Nord-Darfour, en proie à des affrontements armés depuis plus de deux ans, Amnesty International tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la détresse croissante des populations déplacées. Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et australe de l’organisation, évoque une situation dramatique, qualifiant la saison des pluies de « perspective terrifiante » pour des milliers de personnes déjà fragilisées.

« Les personnes déplacées à l’intérieur du pays et les réfugiés nous ont confié leur peur que les pluies ne viennent aggraver une situation déjà critique, en favorisant la propagation des maladies et en compliquant l’accès aux aides vitales », déclare Chagutah. Il ajoute que les besoins urgents en nourriture, en eau potable, en services de santé et en abris décents ne cessent d’augmenter. Dans un témoignage poignant, une femme de 90 ans a confié à Amnesty vivre à ciel ouvert, sous les arbres, faute d’un abri. Un sort partagé par des milliers d’autres.

Depuis le déclenchement des violences en avril 2023, plus de 11 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer, faisant du Soudan la plus grande crise de déplacement et d’aide humanitaire au monde. Pourtant, le financement international pour la réponse humanitaire en 2025 demeure « scandaleusement insuffisant », selon Amnesty.

« Cela restera dans l’Histoire comme un échec retentissant si la communauté internationale ne se mobilise pas immédiatement pour accroître les financements d’urgence, tant pour les déplacés internes que pour les réfugiés soudanais », insiste Chagutah. Il appelle également les parties au conflit à permettre un accès humanitaire rapide, inconditionnel et sécurisé, et à cesser toute attaque contre les infrastructures et personnels humanitaires.

La saison des pluies, qui s’étend de juin à septembre, risque de précipiter la région dans une crise sanitaire encore plus profonde. Des cas de choléra ont déjà été signalés dans le Nord-Darfour. En avril, Médecins Sans Frontières (MSF) alertait sur une aggravation de la crise nutritionnelle liée aux pluies. En août 2024, l’ONU confirmait déjà des conditions de famine dans le camp de Zamzam, et plaçait 13 autres zones en risque élevé.

Alors que les initiatives diplomatiques échouent à répondre aux besoins croissants de la population, Amnesty International appelle la communauté internationale à ne pas détourner le regard. « Il faut faire plus, et vite. Des vies humaines sont en jeu », conclut Tigere Chagutah.

Imedias.net