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Soudan : la guerre s’étend, le Kordofan submergé par une nouvelle vague de déplacés

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La crise humanitaire s’intensifie au Soudan. Près de 65.000 civils ont fui la région du Kordofan au cours des trois derniers mois, en raison de la détérioration rapide de la situation sécuritaire et de la multiplication des affrontements entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), a indiqué mardi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Selon l’agence onusienne basée à Genève, près de 43.000 personnes ont fui le Kordofan du Nord, environ 22.000 le Kordofan du Sud, tandis que 250 personnes ont été déplacées dans la région de Geibaish, au Kordofan occidental. L’OIM précise que ces chiffres restent préliminaires et pourraient évoluer, l’insécurité persistante rendant l’accès et l’évaluation particulièrement difficiles.

Sur le terrain, les équipes de l’OIM ont recensé 56 incidents de déplacement sur la période observée, dont 17 dans le Kordofan du Nord, 38 dans le Kordofan du Sud et un dans le Kordofan occidental. Cinquante-quatre de ces incidents sont directement liés aux violences armées ou à une insécurité accrue, souligne l’agence.

Une région déjà saturée de déplacés

Ces nouveaux mouvements de population s’ajoutent à une situation déjà critique. Le Kordofan accueille actuellement plus d’un million de déplacés internes, répartis sur 1.914 sites dans 36 localités. Le Kordofan occidental concentre à lui seul plus de 413.000 déplacés, suivi du Kordofan du Sud (385.850) et du Kordofan du Nord (228.829).

Les trois États du Kordofan sont devenus ces derniers mois un théâtre central des combats opposant l’armée régulière aux FSR, dans un conflit qui ravage le pays depuis avril 2023. Cette guerre a déjà fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de plusieurs millions de personnes, selon les Nations unies.

Civils pris au piège et frappes de drones

De son côté, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a exprimé sa vive inquiétude face à l’impact direct de l’escalade de la violence sur les civils, notamment dans les régions du Darfour et du Kordofan.

Dans l’État du Darfour du Nord, des frappes de drones auraient causé des victimes civiles le 3 janvier, touchant notamment un marché et une clinique médicale dans les villages d’Al Zurg et de Ghurair. Le même jour, dans l’État du Darfour occidental, un civil aurait été tué lors de deux attaques de drones à Kulbus, provoquant le déplacement de plus de 600 personnes et une panique généralisée parmi les habitants.

La situation est tout aussi alarmante dans le Kordofan du Sud. Entre le 1er et le 3 janvier, plusieurs frappes de drones auraient fait des morts et des blessés civils dans la ville de Dilling, où la population se retrouve prise au piège, avec un accès de plus en plus limité aux denrées alimentaires, aux soins médicaux et aux services de base.

Appel à un accès humanitaire sans entrave

Face à cette détérioration rapide, l’OCHA réitère son appel pressant à la protection des civils et à la garantie d’un accès humanitaire sûr, continu et sans entrave à toutes les zones touchées. « Un accès prévisible est essentiel pour fournir une aide vitale et empêcher une nouvelle aggravation de la situation humanitaire », souligne l’agence.

Alors que les combats se poursuivent et que les déplacements s’accélèrent, les Nations unies redoutent une nouvelle spirale humanitaire au Soudan, dans un contexte où les capacités de réponse restent largement dépassées par l’ampleur des besoins.

Imedias.net