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Somalie : plus de 15 000 nouveaux déplacés en quelques jours dans la région de Gedo

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Les violences armées qui secouent depuis plusieurs jours le sud-ouest de la Somalie ont contraint plus de 15 000 personnes à fuir leurs foyers, a alerté jeudi le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). La province touchée, située à la frontière avec le Kenya et l’Éthiopie, fait face à un nouvel épisode de crise humanitaire.

Selon le HCR, les affrontements ont éclaté le 11 août à Belet-Hawo, dans la région de Gedo, entre deux groupes armés affiliés respectivement au gouvernement fédéral somalien et à l’État de Jubaland. Ces combats ont provoqué le déplacement de 2 530 ménages, soit 15 180 personnes, vers les localités voisines de Liilan, Idaan, Gaawido, Hodan et Oda.

« Les communautés déplacées n’ont actuellement pas accès à des abris adéquats », précise l’agence onusienne, ajoutant que deux civils auraient été blessés par des tirs croisés.

Troisième vague de violences en deux mois

Il s’agit du troisième épisode de combats à Belet-Hawo depuis juillet, ce qui a exacerbé les déplacements forcés et les risques pour la population civile. Au total, plus de 100 000 personnes ont déjà été contraintes de fuir dans le centre et le sud de la Somalie au cours des deux derniers mois.

La pression sur les ressources locales déjà limitées est désormais critique : pénurie d’abris, manque de nourriture, d’eau potable et de services de santé. Le HCR alerte également sur la persistance d’un risque élevé d’attaques contre les civils, de destructions d’infrastructures et d’exécutions extrajudiciaires.

Vulnérabilités accrues pour les femmes et les filles

Dans les camps surpeuplés, les femmes et les filles sont particulièrement exposées à la violence sexiste, qu’il s’agisse d’agressions sexuelles ou de violences domestiques. Les abris précaires ne permettent pas d’assurer l’intimité et la sécurité nécessaires.

Une crise alimentaire et hydrique aggravée

De nombreux ménages déplacés souffraient déjà d’insécurité alimentaire avant leur fuite. L’arrivée massive de nouveaux déplacés, notamment depuis Tool-Amiin et le camp d’Ajuuran, a encore détérioré la situation. L’approvisionnement en eau, souvent assuré par camions-citernes, est désormais insuffisant pour répondre aux besoins croissants.

Le HCR souligne l’urgence d’apporter des matériaux pour la construction d’abris d’urgence et des articles non alimentaires afin de préserver la santé, la sécurité et la dignité des populations affectées.

Un financement humanitaire au point mort

Cette crise survient dans un contexte de forte contraction des financements humanitaires. Sur les 1,4 milliard de dollars nécessaires au plan humanitaire 2025 pour la Somalie, seuls 231 millions soit 16 % ont été reçus à ce jour.

« Sans un soutien urgent de la communauté internationale, des milliers de familles risquent de sombrer dans une situation encore plus désespérée », prévient l’agence onusienne.

Imedias.net

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