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Sécurité régionale en Afrique de l’Ouest : les dirigeants appellent à une réponse collective face à la montée des menaces

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Réunis à l’issue de la Conférence consultative de haut niveau sur la coopération régionale et la sécurité, les chefs d’État et de gouvernement d’Afrique de l’Ouest ont dressé, vendredi 30 janvier 2026, un constat partagé : l’insécurité qui s’étend du Sahel aux pays côtiers ne peut plus être traitée par des réponses isolées. La rencontre, clôturée au niveau présidentiel, a mis en lumière l’urgence d’une action régionale coordonnée face à la montée du terrorisme et de l’extrémisme violent.

Dans son allocution d’ouverture, le président de la République du Ghana, pays hôte, a estimé que la région se trouvait à un « moment charnière », appelant à un leadership fondé sur le dialogue, la solidarité et un engagement renouvelé envers les citoyens. Il a regretté l’affaiblissement de certains mécanismes régionaux, fragilisés par la méfiance entre États, et a mis en garde contre une insécurité devenue transfrontalière. Évoquant notamment les récents événements à l’Aéroport international Hamani Diori, il a rappelé que « nul pays n’est à l’abri ».

Le président de la République du Liberia, Joseph Boakai, a souligné que l’attaque survenue récemment au Niger confirmait la pertinence et l’urgence de la concertation régionale. Il a plaidé pour une prévention accrue des conflits, insistant sur la nécessité de renforcer la sécurité collective et d’adapter les dispositifs régionaux à l’évolution rapide des technologies, désormais utilisées aussi par les groupes armés.

À la tête de la CEDEAO, le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, a mis en garde contre des réseaux terroristes « plus coordonnés, plus mobiles et plus violents que jamais ». Pour lui, l’option strictement militaire montre ses limites et doit être complétée par des politiques de bonne gouvernance, de développement inclusif et de cohésion sociale. Il a également insisté sur le rôle de l’éducation, de l’emploi des jeunes et de la résilience climatique dans la prévention de la radicalisation.

Plusieurs responsables ministériels et représentants d’États ont abondé dans ce sens. La ministre d’État aux Affaires étrangères du Nigeria, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a qualifié la conférence de « réponse opportune » à une menace qui mine les sociétés et les économies. Les délégations de la Mauritanie et du Togo ont, elles aussi, appelé à dépasser les approches nationales pour privilégier une coopération régionale renforcée.

Au nom de l’Union africaine, plusieurs responsables ont rappelé l’importance de s’appuyer sur les cadres continentaux existants. Le représentant spécial pour le Sahel et chef de la mission MISAHEL, Mamadou Tangara, a insisté sur le respect de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) et de l’Architecture africaine de gouvernance (AGA). S’exprimant au nom du président de la Commission de l’UA, le commissaire Bankole Adeoye a souligné que l’initiative s’inscrivait dans l’héritage du panafricanisme, tout en appelant à un usage accru des systèmes d’alerte précoce.

Le Haut représentant de l’Union africaine pour l’initiative « Faire taire les armes », Ibn Chambas, a, pour sa part, rappelé que le terrorisme demeure l’un des principaux obstacles à la paix et à la prospérité de la région.

Le communiqué final, lu par le ministre des Affaires étrangères du Ghana, Samuel Okudzeto Ablakwa, prévoit notamment l’organisation régulière de rencontres régionales, le renforcement des mécanismes de lutte contre l’insécurité et une priorité accrue accordée à la sécurité humaine, à travers la santé, l’éducation et la création d’emplois.

La conférence s’est achevée sur l’affirmation d’une solidarité renouvelée. Reste désormais à transformer ces engagements politiques en actions concrètes, dans une région où l’urgence sécuritaire continue de mettre à l’épreuve la capacité des États à agir ensemble.

Imedias.net