L’Afrique cherche à reprendre le contrôle de son avenir sanitaire. C’est le message fort porté à Kampala lors du premier Africa Health Summit, où des dirigeants politiques, des experts en santé publique et des acteurs du secteur privé se sont réunis pour définir une trajectoire commune : passer de la dépendance structurelle à une souveraineté sanitaire assumée, grâce à l’innovation, au financement domestique et à la collaboration continentale.
L’Afrique appelée à « cesser de diagnostiquer et commencer à agir »
En tant que principal invité, le Speaker du Sénat kényan, Amason Jeffah Kingi, a exhorté le continent à adopter une approche résolument tournée vers l’action.
Il a pointé du doigt une dynamique souvent observée sur le continent : la capacité à identifier les problèmes sans réussir à déployer efficacement les solutions.
« Nous devons cesser de nous limiter aux diagnostics. Il est temps de prescrire les solutions, et surtout, de les mettre en œuvre », a-t-il déclaré.
Kingi a plaidé pour une innovation « enracinée en Afrique », et pour un renforcement massif du financement interne de la santé citant les marchés de capitaux, les fonds souverains et les partenariats public-privé comme leviers essentiels pour bâtir des systèmes plus indépendants.
L’OMS encourage un leadership africain total dans la santé
Dans son discours de politique sanitaire, Dr Abdourahmane Diallo, directeur de la gestion des programmes de l’OMS, a livré une vision claire : l’avenir de la santé en Afrique doit être conçu et dirigé par l’Afrique elle-même.
« Si nous pouvons transformer un hôpital, nous pouvons transformer un continent. Si nous pouvons sauver une vie, nous pouvons en inspirer des millions », a-t-il affirmé, rappelant l’objectif de systèmes de santé souverains, robustes et pérennes.
Son message a résonné comme un appel au leadership local, aux solutions durables et à la montée en compétence des structures nationales.
Renforcer les systèmes pour garantir équité et qualité
Pour l’Ouganda, pays hôte, la priorité reste la consolidation profonde des systèmes de santé.
La ministre de la Santé, Dr Jane Ruth Aceng, a insisté sur la nécessité de garantir des soins accessibles, équitables et de qualité pour tous, qu’il s’agisse de services primaires ou spécialisés.
Elle a également rappelé le rôle essentiel des communautés dans la diffusion de l’information sanitaire et la prise de décisions éclairée.
Un sommet continental pour transformer les engagements en politiques publiques
Le Sommet a rassemblé des représentants de plusieurs pays africains de la Somalie au Rwanda en passant par l’Éthiopie et le Kenya ainsi que des décideurs politiques, chercheurs, organisations de santé, acteurs du privé et partenaires au développement.
Ces échanges ont permis de mettre en lumière des innovations africaines en matière de santé numérique, de surveillance épidémiologique, de recherche biomédicale et de financement durable.
La rencontre a surtout établi une dynamique de coopération régionale visant à faire progresser la résilience sanitaire africaine, un enjeu devenu crucial après la pandémie de COVID-19.
Célébrer l’innovation et les héros du système de santé
La clôture de l’événement a été marquée par les Heroes in Health Award, plateforme nationale ougandaise créée en 2019 pour honorer les personnes et institutions qui transforment la santé publique. Cette distinction symbolise l’importance de valoriser les innovations locales et celles et ceux qui bâtissent chaque jour les fondations d’un système de santé plus solide.
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