À une quinzaine de jours de l’ouverture de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies, et à quelques mois de l’examen par le Conseil de sécurité du renouvellement du mandat de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (MONUSCO), le secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a effectué une visite de plusieurs jours dans le pays.
De Kinshasa à Bunia, en passant par Fataki et Beni, M. Lacroix a multiplié les échanges avec les autorités congolaises, réaffirmant l’engagement des Nations unies en faveur de la paix et de la stabilité dans un pays meurtri par des décennies de violences armées.
Le message de Kinshasa : la MONUSCO doit rester
« Le message très clair qui m’a été confié par le président de la République et la Première ministre, c’est que les autorités congolaises souhaitent que la MONUSCO reste en République démocratique du Congo, continue à travailler et que notre coopération s’intensifie », a déclaré le haut fonctionnaire onusien, lors d’une conférence de presse tenue à Beni, dans le Nord-Kivu, dernière étape de sa mission.
Selon lui, des centaines de milliers de personnes dépendent encore du dispositif onusien pour leur sécurité, notamment dans les zones de conflits où se poursuivent des opérations conjointes entre les Casques bleus et les Forces armées de la RDC (FARDC), comme à Fataki et Beni.
Pression diplomatique et processus de paix
Jean-Pierre Lacroix a également insisté sur l’importance des efforts diplomatiques internationaux. Citant les processus de Washington et de Doha, il a appelé à un engagement accru de la communauté internationale afin d’obtenir des résultats « tangibles », tels qu’un cessez-le-feu ou une réduction significative des violences.
« Les Congolais doivent savoir qu’il y a, malgré les défis, une forte unanimité des membres du Conseil de sécurité pour pousser les processus de paix en RDC », a-t-il assuré, exhortant à ne pas sous-estimer ces dynamiques diplomatiques.
Le défi du M23 et la résolution 2773
La visite intervient alors que l’est de la RDC reste largement déstabilisé par l’avancée du M23, qui contrôle depuis plusieurs mois la ville de Goma. La résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée en février dernier, exigeait le retrait immédiat du mouvement rebelle de Goma, Bukavu et d’autres zones occupées, ainsi que celui des Forces de défense rwandaises présentes sur le territoire congolais.
« Nous sommes déterminés à soutenir la mise en œuvre de cette résolution », a martelé M. Lacroix, soulignant que la crédibilité de l’action onusienne dépendait de son application concrète.
Des moyens financiers fragilisés
Le chef des opérations de maintien de la paix a toutefois alerté sur la fragilité des ressources disponibles : « Les opérations de maintien de la paix de l’ONU font face à de graves difficultés financières », a-t-il reconnu, appelant les États membres à accroître leur contribution afin de permettre à la MONUSCO d’accomplir son mandat.
Alors que le Conseil de sécurité doit prochainement décider de la reconduction de la mission, la visite de Jean-Pierre Lacroix aura permis de mettre en lumière l’équilibre fragile entre les attentes croissantes des Congolais et les capacités limitées d’une opération internationale au mandat de plus en plus contesté, mais toujours jugée indispensable sur le terrain.
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