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Quand le design circulaire valorise le vivant au Burundi

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À contre-courant des modèles industriels fondés sur le plastique, l’entrepreneure burundaise Carine Kanderi a bâti une entreprise dont la matière première est le vivant. Son entreprise, « Kanderis Products and Services », fabrique des objets utilitaires et décoratifs à partir de calebasses, de luffa, de bois recyclé, de fibres végétales, de pailles naturelles et d’argile. Ses produits incluent notamment des abat-jour en calebasse, des éponges végétales, des jeux et trophées en bois recyclé, ainsi que des objets décoratifs artisanaux.

Le concept de Kanderis repose sur trois piliers complémentaires : l’économie circulaire, la culture et le design, et l’impact social, à travers des partenariats avec des coopératives de femmes, d’agriculteurs et des communautés locales. L’objectif affiché est de produire sans détruire, d’innover sans rompre avec les racines culturelles et de redonner une valeur économique à des savoir-faire souvent marginalisés.

Produire sans détruire

Designer d’intérieur et artisane, Carine Kanderi a construit son parcours à la croisée du design, de l’artisanat, de la gestion de projets et de l’innovation sociale. Le projet est né d’un double constat : une pression environnementale croissante et un immense potentiel de savoir-faire locaux encore ignorés. « L’économie circulaire permet de produire sans détruire, de créer sans exclure et d’innover sans rompre avec nos racines », défend la fondatrice, pour qui ce modèle n’est pas une tendance mais une logique de survie et d’avenir.

« J’ai choisi de me lancer dans ce créneau pour prouver qu’il est possible, au Burundi et en Afrique, de bâtir des entreprises durables qui allient écologie, culture, design et impact social, sans copier des modèles importés », ajoute-t-elle dans un entretien accordé à la dpa. Le projet est aussi, selon elle, un moyen de redonner une dignité économique à l’artisanat et de créer des opportunités pour des femmes et des communautés souvent « invisibilisées ».

En phase d’expansion

Après avoir atteint ses objectifs initiaux, notamment le développement de produits écologiques fonctionnels et esthétiques et la mise en place de chaînes de valeur locales avec des coopératives, l’entreprise est entrée aujourd’hui dans une phase de structuration et d’expansion. Nous œuvrons à améliorer les processus de production, à renforcer la marque, à développer des partenariats et à nous positionner sur des marchés institutionnels et internationaux. Nous sommes passés de l’idée à la preuve. Maintenant, nous construisons l’échelle », indique l’entrepreneure burundaise.

Carine affiche désormais l’ambition de faire de son entreprise une référence régionale de l’artisanat écologique et du design circulaire, en développant des produits exportables, tout en renforçant les programmes d’autonomisation féminine et en contribuant activement aux objectifs climatiques et sociaux à travers la culture et l’innovation.

dpa