Sous le nom de plume Lonkassia, se révèle une voix singulière, vibrante, à la croisée de la poésie, de la musique et de la mémoire. Artiste inclassable, poète performeur, Lonkassia incarne cette génération d’auteurs qui refusent les frontières entre les disciplines et les mondes. Chez lui, le verbe est un instrument, la scène un espace d’élévation, et la poésie, un acte de lucidité face au chaos du monde.
Né d’un besoin de dire et de transmettre, son art s’enracine dans l’oralité africaine cette tradition où la parole est souffle, rythme, vibration tout en dialoguant avec les questionnements contemporains. Lonkassia fait de la poésie une expérience totale : un langage du corps et de l’esprit, où le mot devient musique et la musique, mémoire. Sa démarche est autant esthétique que spirituelle : écrire pour se souvenir, déclamer pour résister.
« La poésie, confie-t-il, est ce lieu où je peux penser, ressentir et voir autrement. Elle est ma manière de respirer le monde. »
Minuit la mémoire au rythme du verbe
Avec Minuit, son œuvre poétique et sonore, Lonkassia plonge dans les zones d’ombre de l’Histoire. Cette création évoque la tragédie coloniale et les luttes pour la décolonisation, à travers une langue à la fois brute et mélodieuse. Porté par la musicalité du verbe, l’artiste redonne chair aux voix oubliées, aux douleurs et aux espérances des peuples colonisés.
Entre slam, chant et incantation, Minuit se déploie comme une traversée : celle de la mémoire collective, mais aussi celle d’une génération qui cherche à réconcilier héritage et modernité.
Guèlo le rite, le rythme et l’héritage
Dans Guèlo, Lonkassia explore un thème universel et intime : le passage, la transformation, la transmission. Inspiré par le rite de la circoncision dans les sociétés traditionnelles africaines, le poète Guinéen interroge la valeur initiatique de ces moments de bascule.
Entre poésie et percussion, Guèlo devient une réflexion sur la place des traditions dans un monde en mutation. Lonkassia ne célèbre pas seulement le passé : il le réinvente, le questionne, le remet en mouvement.
Une parole habitée
Sur scène, Lonkassia ne récite pas il incarne. Ses performances sont des rituels contemporains, mêlant souffle, gestes et silences. L’artiste fait du corps un prolongement du poème, du son un miroir de l’âme. Cette approche performative, à la fois intime et collective, lui permet de réconcilier deux univers : celui du soignant et celui du poète.
Car pour lui, guérir et écrire procèdent du même geste : observer, comprendre, soulager, révéler.
Dans un paysage artistique où la poésie se réinvente entre les pages et les plateformes, Lonkassia se distingue comme une voix profondément ancrée dans le réel, mais tournée vers l’universel. Il parle du monde africain, mais surtout de l’humain de ce qui relie, de ce qui résiste, de ce qui rêve.
Lonkassia, c’est la preuve que la poésie n’est pas un luxe. Elle est une nécessité. Un acte de présence. Une manière d’habiter le monde avec justesse.
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