L’affaire opposant Kabinet Diané, gérant de la société GPMS SARL, à plusieurs avocats inscrits au Barreau de Guinée connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Après la décision rendue le 2 juin 2025 par le Conseil de l’Ordre, le plaignant a interjeté appel devant la Cour d’appel de Conakry. Une démarche confirmée par le Barreau, qui a indiqué avoir reçu l’acte d’appel et engagé les formalités de transmission du dossier au greffe.
À l’origine du contentieux, une série de plaintes déposées entre mai 2024 et mars 2025 par Kabinet Diané contre ses anciens avocats. Il leur reproche des manquements déontologiques, des conflits d’intérêts, une gestion négligente de ses affaires, ainsi que des faits d’une extrême gravité : vol, faux et usage de faux, usurpation de titre et même tentative d’enlèvement.
Saisi en première instance, le Conseil de discipline du Barreau a rendu sa décision le 2 juin 2025 (Arrêté disciplinaire n°014). S’il a reconnu l’existence de fautes qualifiées d’« isolées et non réitérées », il s’est limité à infliger un avertissement, en raison du caractère inédit de la comparution des mis en cause. En revanche, il s’est déclaré incompétent pour statuer sur les faits à caractère pénal, invitant le plaignant à se tourner vers les juridictions compétentes.
Conformément à la réglementation en vigueur, la décision du Conseil reste exécutoire, même en cas d’appel. Kabinet Diané a saisi la Cour d’appel dès le 3 juin, dans le délai de 15 jours prévu à l’article 8 de l’arrêté disciplinaire.
Cette nouvelle étape vise à faire la lumière sur les accusations pénales écartées par le Conseil de l’Ordre, et relance le débat sur la frontière entre responsabilité professionnelle et infraction pénale. L’issue de cette procédure, très attendue, pourrait constituer un tournant décisif dans cette affaire aux multiples ramifications.