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ONU : les coupes budgétaires fragilisent la lutte contre le VIH et accentuent les inégalités

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Alors que la communauté internationale marque la Journée mondiale de lutte contre le sida, les Nations Unies mettent en garde contre un risque croissant : la combinaison d’incertitudes globales, de coupes budgétaires et de profondes inégalités de genre menace de compromettre des décennies de progrès dans la riposte mondiale au VIH.

Le thème de cette année « Overcoming disruption, transforming the AIDS response » traduit l’urgence d’un moment charnière pour les systèmes de santé et les populations les plus exposées.

Selon les dernières données onusiennes, 53 % des 40,8 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde sont des femmes et des filles. En Afrique subsaharienne, les adolescentes contractent toujours le virus à des taux dramatiquement supérieurs à ceux de leurs homologues masculins.

Les experts pointent plusieurs facteurs aggravants : les violences physiques et sexuelles en hausse dans certains pays ; les obstacles persistants à l’accès aux soins ; le manque d’opportunités économiques et politiques pour les femmes ; la surcharge des responsabilités familiales et de soins liée à la maladie.

Les organisations humanitaires préviennent que ces inégalités s’aggravent à mesure que les financements se réduisent.

Les réductions de l’aide internationale destinées à la lutte contre le sida inquiètent particulièrement les agences onusiennes. Plusieurs programmes de prévention notamment ceux dédiés aux femmes et aux jeunes filles sont menacés.

« Nous observons des menaces réelles de recul », alerte ONU Femmes, qui souligne que les services de prévention communautaires, les campagnes éducatives et les dispositifs de soutien juridique sont parmi les premiers à être affectés.

Pourtant, les femmes vivant avec le VIH jouent de plus en plus un rôle de premier plan dans le plaidoyer, la mobilisation des communautés et la mise en œuvre des solutions. Elles sont désormais considérées par les agences internationales comme des actrices stratégiques plutôt que de simples bénéficiaires.

Malgré les contraintes financières, ONU Femmes affirme avoir renforcé les compétences de leadership de plus de 35 000 femmes dans 36 pays en 2024. L’organisation a également étendu les services communautaires de prévention et de traitement en Afrique et en Asie centrale, notamment grâce à des initiatives d’autonomisation juridique et à des partenariats avec les systèmes de santé locaux.

La récente Déclaration politique Pékin+30 réaffirme par ailleurs la nécessité de placer la santé des femmes au cœur des priorités gouvernementales et de garantir leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive.

À l’occasion de cette Journée mondiale, les agences onusiennes exhortent les États à renverser la tendance au désinvestissement et à replacer l’égalité de genre au centre de la riposte mondiale au VIH.
Elles appellent également à un engagement politique durable pour renforcer les programmes de prévention, de dépistage et de traitement, tout en soutenant les réseaux de femmes mobilisées dans la lutte.

Près de quatre décennies après l’apparition du virus, le sida n’est pas éradiqué et continue de représenter une menace majeure pour les systèmes de santé dans plusieurs régions du monde. Les experts estiment qu’un recul de la mobilisation internationale pourrait entraîner une recrudescence des infections et une aggravation des inégalités.

Les Nations Unies rappellent que la lutte contre le VIH est à un tournant. Protéger les acquis, maintenir les financements et renforcer les droits des femmes ne relèvent plus de l’option, mais de la nécessité.

Imedias.net