Resté discret depuis son départ de la primature, Bernard Goumou a choisi de s’exprimer publiquement, dimanche 31 août, pour la première fois depuis de longs mois. L’ancien Premier ministre, qui dit avoir volontairement observé un « principe de réserve » après sa « descente de charge », a pris la parole pour saluer l’adoption d’une nouvelle Constitution et appeler les Guinéens à l’« accompagner ».
Dans un discours mêlant hommage aux victimes des récentes inondations et considérations politiques, il a insisté sur le caractère « fondateur » du texte, présenté comme un tournant pour l’avenir du pays. « Cette nouvelle Constitution est bonne pour la Guinée et représente un pas en avant pour chaque citoyen », a déclaré M. Goumou, exprimant sa loyauté au chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya.
Une posture de ralliement assumée
L’ancien chef du gouvernement a justifié son soutien en invoquant six raisons principales : clore la transition, conférer une légitimité démocratique aux nouvelles autorités, introduire davantage de transparence et de reddition des comptes, améliorer la gouvernance, redonner aux citoyens le pouvoir de choisir leurs représentants, et promouvoir une société plus inclusive à travers l’éducation et la santé.
En adoptant cette posture, Bernard Goumou s’inscrit dans la dynamique voulue par le pouvoir de Conakry, qui cherche à obtenir une large adhésion populaire au référendum constitutionnel. Il a annoncé qu’il entamerait dans les prochaines semaines une tournée à l’intérieur du pays pour « expliquer de façon pédagogique » les enjeux du texte.
Entre continuité et repositionnement
L’initiative de M. Goumou peut être interprétée comme un signe de fidélité au général Doumbouya, à qui il a publiquement exprimé sa reconnaissance pour l’avoir associé à la campagne référendaire. Mais elle illustre aussi une tentative de repositionnement politique, dans un paysage en recomposition, à l’approche d’échéances électorales que la nouvelle Loi fondamentale est censée rendre possibles.
Après des mois d’effacement volontaire, l’ancien Premier ministre apparaît ainsi comme une voix de soutien au processus constitutionnel, tout en cherchant à réaffirmer son rôle sur la scène publique. Dans une Guinée où la transition a souvent été synonyme d’incertitudes et de clivages, sa prise de parole s’inscrit dans une séquence politique décisive : celle qui doit, selon ses termes, « ouvrir le livre d’une Guinée prospère, stable et tournée vers l’avenir ».
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