À 46 ans, Mme Khaité Sall devient la nouvelle ministre de la Santé publique et de l’Hygiène publique en Guinée. Une nomination qui illustre le choix du gouvernement Bah Oury pour un profil technique et expérimenté, capable de relever les défis structurels et sanitaires d’un pays encore fragile face aux crises de santé publique.
Fille de feu Kéléfa Sall, ancien président de la Cour constitutionnelle de Guinée, Khaité Sall a grandi dans un environnement profondément lié aux institutions et au droit. Après des études supérieures en Guinée, elle obtient un Master en administration publique à Long Island University, aux États-Unis, avec une spécialisation dans la gestion de services de santé. Ce bagage académique l’a préparée à gérer des systèmes complexes, tant sur le plan technique que administratif.
Avant de revenir au pays, elle a exercé aux États-Unis dans la gestion de services de santé communautaire, supervisant équipes mobiles cliniques et programmes de santé publique, et assurant la conformité aux normes réglementaires locales et fédérales. Cette expérience internationale lui a permis de développer des compétences pointues en planification, coordination et management de projets sanitaires à grande échelle.
De retour en Guinée, elle intègre le ministère de la Santé publique, où elle gravit rapidement les échelons. Nommée cheffe de cabinet, puis secrétaire générale du ministère, elle devient l’une des figures centrales de l’administration sanitaire guinéenne. Dans ces fonctions, elle coordonne les programmes nationaux, supervise les équipes hospitalières et gère les relations avec les partenaires internationaux tels que la Banque mondiale et Expertise France.
Khaité Sall se distingue par sa sobriété et son efficacité. Peu médiatique, elle préfère travailler en coulisses et privilégie le résultat à la communication. Cette discrétion contraste avec une tradition politique où la médiatisation prime, mais elle est également perçue comme un gage de sérieux et de compétence par ses pairs et partenaires.
Elle a été honorée en 2025 par l’ONG COPAD à Abidjan, recevant le Prix du Leadership Féminin en Santé Publique, en reconnaissance de sa contribution à la refondation du système sanitaire guinéen et de son rôle de mentor pour les femmes dans le secteur.
En devenant ministre, Khaité Sall hérite d’un portefeuille stratégique et complexe. Le système sanitaire guinéen souffre d’infrastructures limitées, d’un accès inégal aux soins, d’un déficit de personnel qualifié et de contraintes budgétaires chroniques. À cela s’ajoutent les défis de l’hygiène publique, de la prévention des maladies infectieuses et de la vaccination, dans un contexte où chaque crise sanitaire peut rapidement devenir un enjeu politique.
Sa mission : transformer son expertise technique en réformes tangibles, moderniser les structures hospitalières, digitaliser les données médicales, renforcer la couverture sanitaire et améliorer la qualité des services, tout en restant attentive aux besoins des populations les plus vulnérables.
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