Après une contraction brutale de l’activité au dernier trimestre de 2024, l’économie mozambicaine montre des signes de stabilisation, mais la reprise demeure trop lente pour dissiper les inquiétudes des partenaires internationaux. C’est ce que souligne le Fonds monétaire international (FMI), à l’issue d’une mission de dix jours à Maputo dans le cadre des consultations de l’Article IV pour 2025.
Si l’inflation est restée modérée et que certains indicateurs se redressent progressivement, les perspectives de croissance continuent d’être limitées par un ensemble de contraintes structurelles : un environnement de financement difficile, des incertitudes politiques persistantes et une pénurie de devises qui pèse sur le secteur privé. À cela s’ajoutent des tensions budgétaires “devenues aiguës”, selon la mission du FMI, signalant un risque croissant pour la stabilité financière.
Entre signes de résilience et fragilités profondes
La délégation, conduite par Pablo Lopez-Murphy, a rencontré la ministre des Finances Carla Loveira, le gouverneur de la Banque du Mozambique Rogério Zandamela, des parlementaires, des acteurs privés et des organisations de la société civile. À l’issue des discussions, le diagnostic reste nuancé.
Le Mozambique profite de deux signaux encourageants :
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la décision de TotalEnergies de relancer son méga-projet gazier dans le bassin de Rovuma, potentiellement moteur de croissance à moyen terme ;
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et la sortie du pays de la liste grise du GAFI, un élément positif pour la confiance des investisseurs et l’accès aux financements internationaux.
Mais ces évolutions favorables ne suffisent pas à compenser les importants déséquilibres macroéconomiques accumulés. Les vulnérabilités fiscales notamment l’augmentation des arriérés et les pressions sur le marché des changes pourraient continuer de peser sur l’activité si aucune mesure correctrice n’est adoptée.
Le FMI préconise un “paquet politique coordonné”
Dans sa déclaration, M. Lopez-Murphy avertit que, sans action politique forte, les risques de détérioration s’accentueront :
“Les vulnérabilités pourraient s’aggraver, compromettant la stabilité macroéconomique et le bien-être de la population.”
Le FMI recommande un ensemble cohérent de mesures :
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consolidation budgétaire urgente, accompagnée de filets de protection pour les ménages vulnérables ;
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plus grande flexibilité du taux de change, pour réduire les tensions sur les réserves ;
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réformes structurelles en faveur de la gouvernance, de la transparence et d’un climat propice à l’investissement privé.
La reprise reste entravée par la faiblesse des financements extérieurs, l’accès limité aux devises pour les entreprises et la prudence des investisseurs dans un contexte politique encore volatil. L’économie mozambicaine devrait ainsi maintenir un rythme de croissance modéré en 2025, loin de son potentiel.
La mission du FMI salue néanmoins “l’engagement constructif” des autorités et des partenaires au développement. Les conclusions finales seront présentées prochainement au Conseil d’administration du Fonds.
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