Connect with us

Actualité

Mali : les partis politiques dissous par décret présidentiel

Published

on

Le couperet est tombé ce mardi, dans une atmosphère de tension politique persistante. Par décret présidentiel adopté en Conseil des ministres extraordinaires, le gouvernement de transition malien a obligatoirement dissous tous les partis politiques et organisations à caractère politique , sur l’ensemble du territoire national.

L’annonce, faite par Mamani Nassiré , ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des réformes politiques, a été lue au journal télévisé de l’ORTM, dans un ton sobre mais ferme. Elle consacre l’un des plus grands bouleversements institutionnels de l’ère post-démocratique malienne.

Depuis plusieurs semaines, les signaux avant-coureurs d’un tel basculement étaient perceptibles. La suspension progressive d’activités partisanes, la répression d’une contestation naissante et la remise en cause de la charte des partis politiques avaient déjà dessiné les contours d’un paysage politique en recomposition forcée. Désormais, les réunions politiques, manifestations ou tout acte de militantisme partisan deviennent illégaux , sous peine de sanctions judiciaires .

Selon Mamani Nassiré, cette décision s’inscrit dans une dynamique de réformes structurelles : « Nous sommes dans un processus de refondation. Une nouvelle loi viendra encadrer la gestion de la vie politique au Mali. » En clair, un vide politique institutionnalisé , le temps que le régime établisse ses propres règles du jeu.

La mesure a fait réagir de nombreuses figures de l’opposition, bien que les possibilités d’expression publique soient désormais très limitées. Plusieurs militants et dirigeants pro-démocratie, qui avaient lancé un mouvement de contestation au début du mois, ont été enlevés ces derniers jours par les services de sécurité, selon des sources proches de ces mouvements.

Malgré la peur et les arrestations, certains continuent de faire entendre leur voix : « Aucune surprise, nous continuons de nous battre, même dans l’ombre », déclare sous anonymat un militant d’un parti d’opposition.

Cette dissolution généralisée marque une rupture nette avec le pluralisme politique inscrit dans la Constitution malienne . Les partis politiques, quels qu’ils soient leurs positionnements, étaient les derniers canaux encore visibles d’expression politique en dehors du pouvoir de transition. Leur disparition de la scène publique laisse un champ totalement monopolisé par les autorités de transition .

En pratique, les personnalités politiques occupant des fonctions administratives pourront poursuivre leur mission, mais sans afficher d’appartenance partisane , une manière de neutraliser symboliquement toute opposition institutionnelle.

Officiellement, le gouvernement justifie cette décision par la nécessité de « nettoyer le système » , en vue de poser les bases d’un nouvel ordre politique. Mais les observateurs y voient surtout une consolidation de l’autorité du pouvoir en place , loin des aspirations à une transition démocratique.

Imedias.net

Quitter la version mobile