L’Ouganda s’est doté d’un Manuel de formation en enquêtes financières et d’un Guide du formateur, deux outils nationaux élaborés avec l’appui du projet européen « SecFin Africa », dédié à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) en Afrique subsaharienne.
Ces documents ont été validés par des représentants de plusieurs institutions clés, dont l’Inspection générale du gouvernement, l’Autorité fiscale, le Bureau du Directeur des poursuites publiques et l’Autorité ougandaise de la faune sauvage, a indiqué la direction du projet, financé à hauteur de 46,5 millions d’euros par l’Union européenne (UE), l’Allemagne et la France.
Les représentants de ces institutions ont participé à un atelier tenu à Kampala, sous la conduite de l’Autorité du renseignement financier (FIA) et de la police ougandaise. La validation finale est intervenue à l’issue d’un pré-test de trois jours, mené par 25 formateurs expérimentés à l’École de formation de la police ougandaise de Masindi. Cette phase pilote visait à évaluer la pertinence des supports tant pour les formateurs que pour les participants.
Lutter contre les flux financiers illicites
Le projet « SecFin Africa » (2024-2028) vise à soutenir les pays d’Afrique subsaharienne dans la prévention et la lutte contre les flux financiers illicites liés à la criminalité transnationale organisée. Il entend renforcer les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, conformément aux normes internationales, notamment celles du Groupe d’action financière (GAFI).
Le projet est mis en œuvre par un consortium d’agences de coopération internationale comprenant la GIZ (Allemagne), Expertise France, CIVIPOL (France) et la FIIAPP (Espagne), avec la contribution thématique de l’Agence suédoise des impôts (STA) et de l’Initiative africaine concertée sur la réforme budgétaire (CABRI).
Pour atteindre ses objectifs, SecFin Africa renforce les capacités institutionnelles, juridiques et d’investigation financière des pays d’Afrique subsaharienne, à travers une assistance technique et des formations ciblées couvrant l’ensemble de la chaîne, depuis la détection jusqu’à la récupération des avoirs, en passant par l’évaluation, l’enquête et les poursuites judiciaires.
Un manque à gagner massif pour le développement africain
Selon des estimations, l’Afrique perd chaque année plus de 89 milliards de dollars en raison des flux financiers illicites, un montant presque équivalent à l’ensemble des apports annuels combinés d’aide publique au développement et d’investissements directs étrangers (IDE).
Ces flux privent le continent de ressources essentielles au progrès socio-économique, affaiblissent les capacités de l’État et la mobilisation des ressources nationales, et freinent le développement de secteurs cruciaux tels que la santé, l’éducation et les infrastructures, selon l’UE.
Souvent issus d’activités criminelles non poursuivies en justice, ces flux sont blanchis puis réinjectés dans l’économie formelle, alimentant la corruption, le crime organisé et le terrorisme, selon la même source.
dpa