Les victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo (RDC) manquent de fournitures médicales vitales, a alerté l’organisation CARE International, en raison des coupes budgétaires qui ont provoqué l’effondrement du système censé les soutenir.
CARE a exhorté les donateurs à prioriser les fournitures médicales et le financement de programmes contre les violences sexuelles. Sans une action immédiate, des milliers de femmes et de filles subiront encore les conséquences de ces agressions, dans l’indifférence, a-t-elle souligné.
Au cours des quatre premiers mois de 2025, plus de 67 000 agressions sexuelles ont été recensées en RDC, soit une hausse de 38 pour cent par rapport à 2024. En début 2025, près de 500 cas ont été signalés en une seule semaine.
Selon CARE, intervenant notamment dans le Nord et le Sud-Kivu, ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité. La stigmatisation des survivantes, la peur des représailles et de l’exclusion sociale poussent de nombreuses femmes à se taire, laissant l’ampleur réelle du phénomène cachée.
CARE rapporte que des femmes et des filles qui risquent leur vie pour atteindre un centre de santé se heurtent désormais à des étagères vides, là où devraient se trouver les kits de prophylaxie post-exposition (PEP), essentiels pour prévenir l’infection par le VIH après un viol ou une agression sexuelle.
« Les récits que nous entendons chaque jour sont déchirants », a raconté le directeur de CARE en RDC, Amadou Bocoum. « Les femmes et les filles sont victimes d’atrocités inimaginables, leurs vies sont à jamais bouleversées par la violence et la privation », a-t-il déclaré.
Outre cette pénurie, l’insécurité ambiante rend les routes dangereuses, empêchant souvent les victimes d’atteindre un centre de santé dans le délai crucial de 72 heures. Cet obstacle les expose aux infections et à des grossesses non désirées suite aux viols.
dpa