Le scénario tant attendu n’aura pas lieu. Pas de Maroc–Algérie en demi-finales de la CAN 2025. À Marrakech, le Nigeria a balayé les espoirs algériens avec autorité (2-0), dans un quart de finale où l’écart entre les deux équipes a sauté aux yeux.
Dans un stade majoritairement acquis aux Fennecs, l’illusion a duré quelques minutes, le temps pour le public de se faire entendre. Sur la pelouse, la domination était nigériane, nette, constante, presque implacable.
Une Algérie asphyxiée
Le Nigeria a frappé fort dès l’entame. Bloc haut, pressing intense, transitions rapides : l’Algérie a été privée d’oxygène. Incapables d’aligner trois passes, les hommes de Vladimir Petkovic ont passé la première période à défendre, sans jamais réussir à exister offensivement.
Victor Osimhen, utilisé comme point d’appui, a été un cauchemar permanent pour la défense algérienne. À la 26e minute, il a fallu un tacle salvateur de Rayan Aït-Nouri pour empêcher l’ouverture du score. Puis Ramy Bensebaïni a dû s’employer sur sa ligne pour repousser une tête de Calvin Bassey.
L’Algérie n’a pas tiré une seule fois au but en première période. Zéro tentative. Rarement les Fennecs auront semblé aussi dominés dans une grande compétition.
Le verrou saute, la digue cède
Le Nigeria n’a pas tardé à faire sauter le verrou après la pause. Dès la 47e minute, Bruno Onyemaechi a trouvé Osimhen dans la surface. L’attaquant a surgi dans les airs et a écrasé sa tête pour battre Luca Zidane. Un but logique, presque inévitable.
Et comme souvent dans ces matches couperets, le premier coup a ouvert la voie au second. Dix minutes plus tard, Osimhen a encore frappé, mais comme passeur. Il a lancé Akor Adams, qui a éliminé Zidane avant de pousser le ballon dans le but vide (57e).
En deux actions, le Nigeria a plié l’affaire. Le public algérien est alors passé du bruit à la résignation.
Des changements sans révolte
Petkovic a tenté de provoquer une réaction en lançant Baghdad Bounedjah, Anis Hadj Moussa et Adil Boulbina, allant jusqu’à sortir Riyad Mahrez. Un choix fort, mais sans effet réel.
Le Nigeria était trop solide, trop organisé, trop confiant. Les Super Eagles ont géré leur avantage sans s’affoler, laissant filer les minutes.
Akor Adams a même touché le poteau, manquant de peu le 3-0, ce qui aurait encore davantage sanctionné une Algérie dépassée.
Le Nigeria frappe un grand coup
Sept ans après l’élimination cruelle face aux Fennecs au Caire, le Nigeria tient sa revanche. Et il la signe avec autorité. Cette victoire n’est pas seulement une qualification : c’est une démonstration.
Pour le Maroc, qui affrontera les Super Eagles en demi-finale le 14 janvier, l’avertissement est limpide. Cette équipe nigériane combine puissance physique, qualité technique et maturité collective. Avec un Osimhen leader, dominant dans tous les registres, elle avance avec la posture d’un vrai candidat au titre.
Le derby du Maghreb n’aura pas lieu.
Mais la CAN 2025 tient désormais une affiche bien plus lourde encore : un Maroc face à un Nigeria qui vient d’envoyer un message fort à toute l’Afrique.