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Le Ghana renforce la lutte contre la résistance antimicrobienne en misant sur la communication scientifique

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Face à la menace croissante de la résistance antimicrobienne (RAM), l’un des défis sanitaires les plus urgents au monde, le Ghana fait un pas décisif en renforçant la capacité de ses chercheurs à transformer la science en action. Du 15 au 19 septembre 2025, le pays a accueilli le quatrième module de l’Initiative Structurée de Recherche Opérationnelle et de Formation (SORT IT), axé sur la communication efficace des résultats de recherche.

Soutenu par le Programme spécial de recherche et de formation sur les maladies tropicales (TDR), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des partenaires nationaux, ce module a réuni mentors et chercheurs issus des précédents cycles de SORT IT. L’objectif : doter les scientifiques ghanéens des compétences nécessaires pour traduire des données complexes en messages clairs et percutants, capables d’influencer les politiques publiques et les pratiques de terrain.

Pendant cinq jours, les participants ont appris à produire des briefs d’évidence, des cartes des parties prenantes, des présentations éclair et des arguments succincts adaptés aux décideurs, aux professionnels de santé et aux communautés. Une approche pragmatique, mêlant exposés, mentorat et exercices pratiques, a permis de passer du langage académique à une communication orientée vers l’action.

« La RAM est une pandémie silencieuse. La recherche seule ne suffit pas — ce qui compte, c’est la manière dont les résultats sont communiqués et utilisés pour sauver des vies », a déclaré la Dr Fiona Braka, Représentante de l’OMS au Ghana. « En dotant les chercheurs ghanéens de compétences en communication, nous veillons à ce que les preuves scientifiques sortent des tiroirs pour nourrir des décisions qui renforcent le système de santé. »

Les formateurs ont souligné que la communication est un levier essentiel de la recherche opérationnelle. Pour Robert Terry, expert en gestion des connaissances et formateur SORT IT, l’enjeu est de « démystifier la communication scientifique ».

« Un brief clair, un pitch concis ou une présentation ciblée peuvent être aussi puissants que la recherche elle-même pour provoquer le changement », a-t-il affirmé.

Pour les participants, cette expérience a marqué un tournant dans leur parcours professionnel.

« Ce module m’a permis de dépasser la simple publication académique », a confié la Dr Nana Akua Abruquah, médecin à l’Hôpital universitaire de Kwame Nkrumah. « Je sais désormais comment dialoguer directement avec les décideurs et présenter mes travaux dans un langage accessible pour améliorer les pratiques sur le terrain. »

Même enthousiasme du côté de Mme Karyn Ewurama Quansah, chercheuse au Conseil de la recherche scientifique et industrielle (CSIR-WRI) :

« La RAM touche la santé humaine, animale et environnementale. Cette formation m’a appris à adapter mon discours, que ce soit pour les scientifiques, les agriculteurs, les régulateurs ou le grand public. C’est ainsi que nous pourrons relever collectivement ce défi. »

À la clôture du module, les participants ont présenté des outils de communication orientés vers les politiques publiques, renforçant la mise en œuvre de l’approche “Une seule santé” (One Health) du Ghana.

Au-delà de la production scientifique, cette formation a rappelé une vérité essentielle : l’efficacité de la recherche se mesure à sa capacité à être comprise, partagée et appliquée. En misant sur la communication, le Ghana démontre que la science peut être un moteur d’action et un pilier de résilience face à la résistance antimicrobienne.

Imedias.net

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