L’Afrique du Sud a annoncé une série de mesures stratégiques destinées à restaurer sa capacité nationale de raffinage, dans un contexte marqué par une dépendance croissante aux importations de carburants et par la fermeture progressive de ses principales installations. L’information a été confirmée par le ministre des Ressources minérales et pétrolières, Gwede Mantashe, lors du Forum du G20 sur les investissements énergétiques en Afrique, tenu sous l’égide de la Chambre africaine de l’énergie.
« Nous ne pouvons pas compter uniquement sur les stocks ; nous devons également raffiner », a déclaré le ministre, insistant sur la nécessité de reconstruire une autonomie énergétique que le pays a progressivement perdue.
Un écosystème de raffinage en perte de vitesse
Avec la mise à l’arrêt de raffineries majeures telles que Sapref et Engen à Durban, ou encore la suspension de l’unité GTL de Mossel Bay de PetroSA, l’Afrique du Sud s’appuie désormais presque entièrement sur ses trois sites opérationnels Natref, Astron Energy et l’usine CTL de Secunda. Ces infrastructures, à elles seules, ne fournissent qu’environ 30 % de la demande nationale, exposant le pays à une vulnérabilité accrue face aux chocs d’approvisionnement internationaux.
La SANPC, nouvelle pierre angulaire d’une stratégie de reconquête
Pour enrayer ce déclin structurel, Pretoria a créé la South African National Petroleum Company (SANPC), une entreprise publique regroupant PetroSA, iGas et le Strategic Fuel Fund. Cette intégration vise à rationaliser les actifs pétroliers publics, mobiliser des investissements et relancer les capacités dormantes.
La SANPC devient ainsi l’instrument central d’une politique énergétique plus proactive : restauration des raffineries existantes, remise en service des unités inutilisées, développement d’infrastructures modernes et constitution de capacités locales de production pour réduire la dépendance aux importations.
Un repositionnement stratégique dans un contexte global instable
La décision sud-africaine intervient à un moment où les marchés mondiaux du pétrole restent marqués par une forte volatilité, et où de nombreux pays cherchent à sécuriser leur approvisionnement énergétique. En reconstruisant son industrie du raffinage, l’Afrique du Sud espère non seulement renforcer sa sécurité énergétique intérieure, mais aussi consolider sa position dans les chaînes d’approvisionnement régionales.
Selon M. Mantashe, l’objectif est clair : « Garantir l’approvisionnement en carburant du pays et protéger l’économie contre les ruptures d’importation ».
Un chantier ambitieux aux implications économiques majeures
La relance du raffinage représente un défi technique, financier et environnemental d’envergure, mais Pretoria estime que ce pivot est indispensable pour stabiliser son marché intérieur du carburant et accompagner sa transition énergétique. La SANPC est appelée à jouer un rôle clé dans cette transformation.
Imedias.net