Dans une Afrique de l’Ouest en pleine mutation numérique, la CEDEAO a réuni ce 25 novembre 2025 responsables gouvernementaux, experts et partenaires techniques pour une étape décisive : la validation du projet de Stratégie régionale d’e-gouvernement, un cadre d’intégration qui pourrait redéfinir la relation entre citoyens, institutions publiques et technologies.
Organisé avec l’appui de la Banque mondiale et du cabinet Sense Strategy, l’atelier s’inscrit dans le Programme d’intégration numérique de l’Afrique de l’Ouest (WARDIP), conçu pour aligner les politiques de transformation numérique des États membres.
Depuis plusieurs années, les pays de la CEDEAO avancent chacun à leur rythme dans la digitalisation de leurs services publics. Mais l’absence d’un cadre commun limite l’interconnexion, ralentit la mobilité régionale et complexifie les échanges administratifs.
Pour Folake Olagunju, Directrice par intérim de l’Économie numérique et de la Poste de la CEDEAO, cette stratégie entend combler ces lacunes :
« Nous devons dépasser les initiatives isolées. La région a besoin d’un système cohérent, capable de soutenir les ambitions de la Vision 2050 et de protéger les citoyens dans un environnement numérique en pleine expansion. »
Elle rappelle que les diagnostics menés en 2025 montrent un constat unanime : les États membres veulent un modèle d’e-gouvernement interopérable, inclusif et centré sur l’usager.
La Sierra Leone, présidente en exercice du Groupe d’experts TIC de la CEDEAO, a insisté sur la nécessité d’un front commun. S’exprimant au nom de la délégation, Aminata Omaru Thollay a salué « un moment historique », estimant que la transformation numérique régionale ne peut réussir que si les États unifient leurs efforts.
« Une approche régionale n’est pas un luxe. C’est une obligation », a-t-elle martelé, appelant à éviter les duplications et à mutualiser les investissements.
Les discussions ont porté sur les piliers centraux du projet : une infrastructure publique numérique régionale solide ; des services administratifs interconnectés ; une gouvernance renforcée des données ; la cybersécurité comme priorité transversale ; un modèle de mise en œuvre souple, adapté aux réalités des différents pays.
Au-delà des aspects techniques, les participants ont souligné un enjeu crucial : la confiance. Sans elle, aucun écosystème numérique ne peut s’imposer durablement.
L’atelier marque la phase finale avant la soumission du document aux instances décisionnelles de la CEDEAO. La version consolidée intégrera les contributions exprimées à Abuja, puis sera présentée pour adoption formelle.
Si elle est entérinée, cette stratégie constituera le premier cadre commun d’e-gouvernement à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest un tournant majeur susceptible d’accélérer l’intégration régionale, de renforcer la transparence administrative et de faciliter la vie de plus de 400 millions de citoyens.
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