Il était environ minuit lorsque le chaos s’est abattu sur Komanda. En quelques instants, ce village d’apparence paisible, situé à une soixantaine de kilomètres de Bunia, a sombré dans l’horreur. Des hommes armés ont surgi de l’obscurité. En silence, ils ont tué. À la machette. À bout portant. Dans un lieu de culte. Là où des fidèles s’étaient réunis pour prier. Pour espérer.
Le bilan est glaçant : 43 morts, dont 19 femmes et 9 enfants. Des familles décimées, des enfants arrachés à la vie dans le sanctuaire même de leur foi. D’autres portés disparus. Des maisons réduites en cendres. Le nom du groupe responsable ? Les Forces démocratiques alliées (ADF), une énième signature de la terreur dans l’est de la RDC.
Un drame de plus dans une tragédie oubliée
Pour les populations de l’Ituri, cette attaque n’est pas la première. Mais chaque événement est un choc nouveau. Un deuil de plus dans une longue liste de traumatismes. Un rappel brutal que la paix, ici, n’est encore qu’un rêve lointain.
La MONUSCO, la Mission de l’ONU présente en RDC, a réagi dès l’annonce du massacre. Dans un ton grave, empreint d’émotion et de détermination, la cheffe par intérim de la Mission, Madame Vivian van de Perre, a condamné l’attaque avec force :
« Tuer des civils sans défense dans un lieu de culte n’est pas seulement un crime. C’est une trahison de notre humanité. »
Un devoir de présence, un appel à la justice
La MONUSCO a immédiatement renforcé sa présence autour de Komanda, multipliant les patrouilles, soutenant les secours, organisant les inhumations, et prodiguant des soins aux blessés. Mais derrière les interventions d’urgence, c’est un cri que lance la mission onusienne : un appel à la justice, à la mémoire, à la responsabilité.
Elle demande aux autorités congolaises d’ouvrir une enquête exhaustive et de faire comparaître les auteurs de ce crime devant la justice. Mais elle va plus loin : elle appelle les groupes armés étrangers à cesser les violences, à déposer les armes, à sortir de l’équation meurtrière qui ronge la région.
Cette attaque, aussi localisée soit-elle, parle à l’échelle du monde. Elle dit la vulnérabilité des populations oubliées. Elle dit l’échec collectif à garantir le droit fondamental à la vie. Elle dit le besoin d’une paix qui ne soit pas un simple mot dans les discours diplomatiques.
Dans cette partie de l’Afrique où l’on enterre plus de promesses que de semences, Komanda rappelle qu’aucune paix durable ne pourra être bâtie sur l’impunité, ni sur l’indifférence.
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