{"id":4043,"date":"2019-12-05T19:38:59","date_gmt":"2019-12-05T19:38:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.imedias.net\/?p=4043"},"modified":"2019-12-05T19:38:59","modified_gmt":"2019-12-05T19:38:59","slug":"guinee-lattaque-rebelle-de-gueckedou-bientot-deux-decennies-aucun-debut-dexplication-temoignage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.imedias.net\/?p=4043","title":{"rendered":"Guin\u00e9e : l\u2019attaque rebelle de Gueck\u00e9dou, bient\u00f4t deux d\u00e9cennies, aucun d\u00e9but d\u2019explication (T\u00e9moignage)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Ceci est un r\u00e9cit personnel et une interrogation. Tout comme\nmoi, les fils de Gueck\u00e9dou veulent des r\u00e9ponses aux questions suivantes&nbsp;:\nqui nous a attaqu\u00e9s&nbsp;? Et pourquoi&nbsp;? Surtout pourquoi Macenta,\nGueck\u00e9dou, Madina Woura&nbsp;? Je n\u2019accuse donc personne, mais l\u2019Etat a\nl\u2019obligation de fournir les r\u00e9ponses au 20<sup>\u00e8me<\/sup> anniversaire de cette\nincursion rebelle qui a compl\u00e8tement d\u00e9truit la ville de Tch\u00e8nd\u00e8nan D\u00e9mbadouno\nen 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019avant 6 d\u00e9cembre\n2000<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Octobre l\u2019an 2000, je m\u2019installe dans la commune urbaine au\nquartier Gueck\u00e9dou L\u00e9l\u00e9 (dans l\u2019ancienne FAPA). J\u2019avais un peu plus 13 ans et\nconnaissais tr\u00e8s peu cette ville tr\u00e8s peupl\u00e9e. Derri\u00e8re nous, nous avions le\nmois de septembre qui a connu des attaques rebelles \u00e0 Macenta et T\u00e9koulo, une\nsous-pr\u00e9fecture de Gueck\u00e9dou, situ\u00e9e sur la nationale Gueck\u00e9dou-Macenta. Tous\nnos fr\u00e8res de T\u00e9koulo ou presque avaient ralli\u00e9 la commune urbaine. Les \u00e9l\u00e8ves\npour poursuivre les \u00e9tudes, d\u2019autres citoyens pour fuir d\u2019\u00e9ventuelles attaques.\nComme s\u2019ils avaient fait le bon choix. Sauf qu\u2019ils ne pouvaient que choisir la\ncommune urbaine, o\u00f9 il y a un camp militaire et des services de s\u00e9curit\u00e9\n\u00ab&nbsp;comp\u00e9tents&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les rumeurs persistantes disaient que Gueck\u00e9dou serait\nattaqu\u00e9e aussi. Par pr\u00e9cautions, les responsables de villages ont cr\u00e9e des\ngroupes d\u2019autod\u00e9fense, compos\u00e9 essentiellement de jeunes dynamiques (nos grands\nfr\u00e8res). Nous avons donc \u00e9t\u00e9 habitu\u00e9s par des barrages \u00e9rig\u00e9s aux abords des\nvillages. Souvent on y trouvait des armes traditionnelles de chasse pour\nintimider, mais qui&nbsp;? Personne ne savait. Donc l\u2019op\u00e9ration consistait \u00e0\nfouiller syst\u00e9matiquement les personnes qui entraient et sortaient des\nvillages. Le gueck\u00e9dois avaient perdu confiance aux guin\u00e9ens et m\u00eame aux\ngueck\u00e9dois. <\/p>\n\n\n\n<p>Je parlais de rumeurs. Elles \u00e9taient \u00e0 la fois vraies et\nfausses. Toujours est-il que les habitants de Gueck\u00e9dou s\u2019attendaient \u00e0 une\nattaque. La peur \u00e9tait l\u00e0 et le moindre bruit, les gens sursautaient. Je me\nsouviens un dimanche du mois de septembre, nous \u00e9tions \u00e0 une messe dominicale \u00e0\nla CCB sainte Anne de Bondodou, c\u2019est \u00e0 1 kilom\u00e8tre de Lewa chez moi, un vieux\nde passage a vu un serpent. Et il crie en Kissi K\u00e8wo qui veut dire serpent, les\nfid\u00e8les \u00e0 la messe ont entendu Ty\u00f4wo qui veut dire guerre. Dans les districts\nde Lewa et Yaradou Kao (Temessadou Djigbo), les populations ont boug\u00e9 soit pour\nentrer en brousse, ou pour rallier la commune urbaine. C\u2019\u00e9tait de la panique\ntotale. Pourtant aucun tir n\u2019avait \u00e9t\u00e9 entendu. Dans ces groupes d\u2019autod\u00e9fense,\ncertains s\u2019\u00e9taient faits remarqu\u00e9s et ils ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 porter volontaires\npour combattre l\u2019ennemi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vint alors le 6\nd\u00e9cembre 2000<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Du vendredi 1<sup>er<\/sup> au Mardi 5 d\u00e9cembre, les rumeurs\ncommen\u00e7aient \u00e0 devenir de plus en plus pr\u00e9cises. Elles parlaient de lettres\nd\u00e9pos\u00e9es \u00e0 certains endroits de la ville et qui disaient que les rebelles\nentreraient en action en d\u00e9cembre. Le pr\u00e9fet d\u2019alors aurait m\u00eame \u00e9t\u00e9\ndirectement inform\u00e9 par les assaillants&nbsp;; (encore une fois ce sont des\nrumeurs). Le 6 d\u00e9cembre j\u2019\u00e9tais seul dans la chambre de notre tuteur, une de\nnos cousines malade dans la seconde chambre de l\u2019int\u00e9rieur, mon grand fr\u00e8re\ncoll\u00e9gien lui aussi \u00e0 l\u2019\u00e9poque (10<sup>\u00e8me<\/sup> ann\u00e9e) et notre cher oncle\nHenry, dans la chambre du dehors. 1 heure du matin, notre cousine entend des\ntirs&nbsp;: pan pan pan. Elle crie, Bernard, Bernard, Bernard, Oncle, Oncle.\nPersonne n\u2019a r\u00e9pondu. J\u2019\u00e9tais plus proche d\u2019elle, mais je ne sais pas pourquoi\nelle n\u2019y a pas pens\u00e9. Alors elle a estim\u00e9 que c\u2019\u00e9tait un simple bruit, surtout qu\u2019elle\nne voulait pas \u00eatre \u00e0 l\u2019origine d\u2019une nouvelle panique. 2h du matin, les tirs\nse font entendre de plus belle, mais la nouveaut\u00e9, c\u2019est qu\u2019il y a des cris de\ncitoyens qui nous d\u00e9passent d\u00e9j\u00e0 pour fuir. Cette fois la cousine n\u2019appelle\nplus, elle crie elle aussi. Le grand fr\u00e8re se r\u00e9veille, notre cher oncle aussi.\n<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut dire que nous \u00e9tions moins en danger que nos fr\u00e8res\nde S\u00f4l\u00f4ndonin, Ki\u00e9ss\u00e8n\u00e8ye, Kang\u00f4h, Seylannin, Bambo des quartiers directement\nouverts sur le Lib\u00e9ria, l\u2019origine des rebelles (selon ce qu\u2019on dit). Mais nous\n\u00e9tions quand m\u00eame en danger parce que les assaillants ne sont pas venus le 6\nd\u00e9cembre, ils \u00e9taient l\u00e0 des jours, voire des semaines avant. Donc il fallait\nouvrir la porte du salon, la cousine malade a peur. Les tirs continuent \u00e0 retentir\net pendant ce temps devinez ce que je faisais&nbsp;; je dormais tr\u00e8s bien. Mon\ngrand fr\u00e8re a d\u00fb escalader le mur, nous avions la chance d\u2019habiter une maison\nqui n\u2019\u00e9tait pas ferm\u00e9e par du plafond. Il m\u2019a r\u00e9veill\u00e9 en me remuant bien fort\net quand je l\u2019ai regard\u00e9, il m\u2019a dit Poua Lw\u00e8ye&nbsp;: c&rsquo;est-\u00e0-dire, les hommes\nsont entr\u00e9s. C\u2019\u00e9tait suffisant pour que je comprenne, c\u2019\u00e9tait suffisant pour\nque n\u2019importe qui comprenne. Je l\u2019ai rejoins dans leur chambre o\u00f9 notre cher\noncle (l\u00e0 j\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 son calme et sa maturit\u00e9, un vrai Telliano) rassemblait\nses bagages sans panique. Mon grand-fr\u00e8re (qu\u2019il m\u2019en excuse) a enlev\u00e9 et port\u00e9\npar trois fois un m\u00eame pantalon. Oncle Henry a cri\u00e9 sur lui (c\u2019\u00e9tait une\npremi\u00e8re, les deux ont le m\u00eame \u00e2ge et passaient tous leur temps \u00e0 jouer comme\ndes gamins) et d\u2019un ton fort, j\u2019ai entendu&nbsp;: \u00ab&nbsp;Bernard tu as\nquoi&nbsp;?&nbsp; Tu ne vois pas que Gueck\u00e9dou est entrain de se vider&nbsp;?\u00bb.\n<\/p>\n\n\n\n<p>Mon grand fr\u00e8re \u00e9tait perturb\u00e9 et pr\u00e9occup\u00e9 par trois choses\net je l\u2019ai compris juste lorsqu\u2019on a boug\u00e9 de la ville&nbsp;: la premi\u00e8re,\nc\u2019est qu\u2019il doit prendre ses bagages et les miens, deuxi\u00e8mement, notre cousine\nmalade portait deux enfants (un gar\u00e7on b\u00e9b\u00e9 et une petite fillette d\u2019un peu\nplus de trois ans) et la troisi\u00e8me, c\u2019\u00e9tait sans doute moi. J\u2019ai eu la chance\nde fr\u00e9quenter le m\u00eame coll\u00e8ge que lui. Et quand nous devions traverser une\nplaine souvent inond\u00e9e d\u2019eau pour rallier le coll\u00e8ge Sokoro, il me prenait au\ndos. Ma taille ne me permettait pas de sauter et d\u00e9passer certains espaces si\ngrands. Donc il se demandait s\u2019il devait me prendre pour fuir, ou s\u2019occuper de\nla cousine avec ses enfants, ou ses bagages. Il est arriv\u00e9 \u00e0 une conclusion\nbien simple. Il a pris mes bagages et les siens, il a demand\u00e9 \u00e0 la cousine de\nprendre un peu de ses bagages et son b\u00e9b\u00e9 et moi je devrais porter sur\nl\u2019\u00e9paule, notre ni\u00e8ce d\u2019un peu plus de trois ans. Et mon grand fr\u00e8re d\u2019ajouter\n\u00ab&nbsp;<em>Jacques on ne peut pas faire\nautrement, on ne laissera personne ici, d\u00e9brouilles toi<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons donc pris le d\u00e9part entre 2 heures et 3 heures du\nmatin. Nous marchions donc pour rejoindre en priorit\u00e9 notre village o\u00f9 Maman\nn\u2019arr\u00eatait pas de pleurer. L\u2019information \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9e d\u00e8s 2 heures du\nmatin, alors qu\u2019il n\u2019y avait pas de t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 l\u2019\u00e9poque. D\u00e8s que nous sommes\nsortis de la ville, nous avons aper\u00e7u un fr\u00e8re, jeune volontaire. Il est sorti\ntout doucement de sa cachette et a point\u00e9 son arme (PMAK) sur nous. Il se\nconnaissait bien avec mon grand fr\u00e8re, donc il lui demande <em>\u00ab&nbsp;les rebelles sont vraiment entr\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00bb, mon fr\u00e8re lui\nr\u00e9pond \u00ab&nbsp;<em>\u00e9coute la guerre ce n\u2019est pas\nici, c\u2019est en ville<\/em>, <em>laisses nous\npasser<\/em>\u00bb. Il accepte de nous laisser partir en nous conseillant de ne pas\nr\u00e9pandre la nouvelle dans les villages. Dommage pour lui, les villages \u00e9taient\nplus inform\u00e9s que nous. <\/p>\n\n\n\n<p>Sur les hauteurs de D\u00e9mbadou, le deuxi\u00e8me village sur la\nroute menant au n\u00f4tre apr\u00e8s la commune urbaine, nous avons vu des projectiles\nrouges dans le ciel, des balles de signalement nous a-t-on appris. C\u2019est un de\nnos compagnons qui nous l\u2019avait dit. Je suis tomb\u00e9 une fois avec ma ni\u00e8ce. Ces\nballes n\u2019avaient aucun bruit pourtant et notre compagnon essayait de nous\nrassurer que c\u2019\u00e9tait fini, l\u2019arm\u00e9e guin\u00e9enne allait bient\u00f4t entrer en action et\nles rebelles allaient \u00eatre chass\u00e9s. Avant de finir la colline, je suis tomb\u00e9\nencore pour la deuxi\u00e8me fois. Ma ni\u00e8ce et moi avons \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Au troisi\u00e8me village sur la route (Sagb\u00e8) se trouve notre\ntante maternelle, la m\u00e8re de notre cousine. Au moins nous \u00e9tions rassur\u00e9s mon\ngrand fr\u00e8re et (surtout) moi que nous allions \u00eatre d\u00e9charg\u00e9s. Mais la tante\ndemande qu\u2019on y attende jusqu\u2019\u00e0 6 heures au-moins avant de continuer. Il \u00e9tait\n5 heures environs. L\u2019arm\u00e9e guin\u00e9enne comme notre compagnon l\u2019avait dit venait\nd\u2019entrer en action. Les premiers tirs nous ont trouv\u00e9 dans le salon de notre\ntante. C\u2019est pour la premi\u00e8re fois que nous entendions un tel bruit de plus\npr\u00e8s. Au premier coup, je suis encore tomb\u00e9, pourtant j\u2019\u00e9tais bien assis. Donc\nplus question de rester, nous avons continu\u00e9 notre chemin. <\/p>\n\n\n\n<p>Les tirs ont continu\u00e9 toute cette matin\u00e9e et nous avions cru\nque les rebelles \u00e9taient neutralis\u00e9s. Quel fut l\u2019\u00e9tonnement de constater que\nles bombes ne partaient en r\u00e9alit\u00e9 que sur les maisons des pauvres citoyens. Et\npour preuve les rebelles sont rest\u00e9s toute la matin\u00e9e du mercredi 6 d\u00e9cembre en\nville. En partant, sans difficult\u00e9s bien s\u00fbr, ils ont emport\u00e9s des biens et des\notages. Je vais citer deux tous morts aujourd\u2019hui&nbsp;: le vieux policier&nbsp; Saa Koundouno, un voisin, p\u00e8re d\u2019Emmanuel\nDominos Koundouno alias EDK, un confr\u00e8re et camarade de promotion, actuellement\nen service \u00e0 la radio rurale de Gueck\u00e9dou. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s \u00e2g\u00e9 et les\nrebelles lui ont fait porter des bagages assez lourds. Odile Doufangadouno, la\ngrande s\u0153ur d\u2019un ami de promotion Eug\u00e8ne, aujourd\u2019hui ing\u00e9nieur du g\u00e9nie rural\n\u00e0 Siguiri, elle n\u2019est pas morte en otage, mais elle a t\u00e9moign\u00e9 avoir vu le\nvieux Koundouno souffrir et d\u2019autres mourir en sa pr\u00e9sence. <\/p>\n\n\n\n<p>Deux autres encore vivants&nbsp;: nos neveux jumeaux (Tamba\nPaul et Faya Paulin Sandouno), enlev\u00e9s lors de l\u2019attaque de Nongoa en mars 2001,&nbsp; ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s en Sierra Leone et contraints\n\u00e0 porter des armes au compte d\u2019un groupe arm\u00e9. Ils ont fr\u00f4l\u00e9 la mort,\npuisqu\u2019ils combattaient contre des groupes sans piti\u00e9. Je me souviens lorsque\nnous \u00e9tions d\u00e9plac\u00e9s de guerre \u00e0 Kissidougou en 2001, notre p\u00e8re menait des d\u00e9marches\naupr\u00e8s de la Croix Rouge qui nous amenait des vivres, pour se rassurer si nos\nneveux \u00e9taient encore vivants. Il ne parlait pas fran\u00e7ais, donc c\u2019est \u00e0 nous\nqu\u2019il disait de demander. Nous n\u2019\u00e9tions pas conscients que c\u2019\u00e9tait juste pour\nessayer, mais nous n\u2019avions eu aucune r\u00e9ponse satisfaisante. Nos neveux sont\nrevenus en septembre 2001. Seuls les deux savent raconter comment ils se sont\nlib\u00e9r\u00e9s des griffes de l\u2019ennemi. Ils nous ont trouv\u00e9s compl\u00e8tement transform\u00e9s,\nhabitu\u00e9s \u00e0 la drogue. Ils ont combattu sous contrainte et tu\u00e9s d\u2019innocentes\npersonnes parce qu\u2019ils \u00e9taient en captivit\u00e9. Et ils n\u2019ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9\nd\u2019aucune&nbsp; d\u00e9sintoxication.&nbsp; Puisse Dieu leur accorder le pardon. Pour information,\nils ont tous les deux poursuivis des \u00e9tudes en Guin\u00e9e. Faya Paulin est all\u00e9\njusqu\u2019\u00e0 l\u2019universit\u00e9, il a fait Bio-Chimie \u00e0 Nz\u00e9r\u00e9kor\u00e9 Et Tamba Paul a fait une\n\u00e9cole professionnelle.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019attaque de janvier\n2001<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On parle du 6 d\u00e9cembre 2000, mais en r\u00e9alit\u00e9, l\u2019attaque la\nplus cruelle et complexe est celle du 10 janvier 2001. Le gouvernement avait\naffirm\u00e9 avoir ma\u00eetris\u00e9 la situation et encourag\u00e9 la reprise des activit\u00e9s dans\nla commune urbaine. Le minist\u00e8re de l\u2019\u00e9ducation a appel\u00e9 \u00e0 la reprise des cours\nd\u00e8s janvier, apr\u00e8s donc les cong\u00e9s de fin d\u2019ann\u00e9e que nous avions d\u00fb prendre un\npeu plut\u00f4t. Donc pour nous \u00e9l\u00e8ves, jeunes coll\u00e9giens, nous avions h\u00e2te de\nreprendre le chemin de l\u2019\u00e9cole. La commune urbaine de Gueck\u00e9dou compte trois\ncoll\u00e8ges publics&nbsp;: Bambo (le plus vieux), Karamoko Kourouma (le deuxi\u00e8me\nplus vieux) et Sokoro (cr\u00e9e en 1995, tr\u00e8s jeune, c\u2019est l\u00e0 j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9). A\nl\u2019\u00e9poque nous avions un seul coll\u00e8ge priv\u00e9 protestant de renom Emma\u00fcs Bambo et\nEmma\u00fcs sont dans un m\u00eame quartier, ouvert sur la Makona, d\u2019o\u00f9 provenaient les\nrebelles et Sokoro dans le quartier Waou Tow. Sokoro est sur une colline qui\nest, elle-m\u00eame surplomb\u00e9e par une montagne. Et derri\u00e8re celle-ci, vous avez le\nfleuve Makona et le Lib\u00e9ria. En saison s\u00e8che, on peut voir les villages du\nLib\u00e9ria&nbsp; \u00e0 l\u2019\u0153il nu. <\/p>\n\n\n\n<p>Il est 10 ou 11 heures ce 10 janvier, lorsqu\u2019une vendeuse de\npatates dans la cour de notre \u00e9cole, voit descendre de cette montagne, des\nindividus arm\u00e9s. Elle informe le surveillant g\u00e9n\u00e9ral qui a d\u00e9dramatis\u00e9. D\u00e9j\u00e0\ndes semaines auparavant le pr\u00e9fet avait tenu des r\u00e9unions pour mettre en garde\ncontre les rumeurs et fausses informations et il y avait eu des\nsensibilisations dans ce sens. Des individus, la dame entend cette fois des\ntirs (pan pan pan). Elle part voir le surveillant et lui dit cette fois de\nlib\u00e9rer les \u00e9l\u00e8ves qu\u2019elle venait d\u2019entendre les tirs. Le surveillant lui dit\nqu\u2019il s\u2019agit probablement des entra\u00eenements des soldats guin\u00e9ens. La dame a\nramass\u00e9 ses patates et disparu des lieux. Nous avons entendu nous m\u00eames des\ntirs. Et c\u2019\u00e9tait plus proche. <\/p>\n\n\n\n<p>Je garde en m\u00e9moire trois images. La premi\u00e8re, celle de notre\nmeilleur professeur de math\u00e9matique Monsieur Vanak\u00e8l\u00e9 Toundouf\u00e9douno, les mains\net son cartable sur la t\u00eate, entrain de pleurer mais ne fuyant pas. Il\nn\u2019arr\u00eatait pas de demander \u00ab&nbsp;<em>Eh\nvandaa haa y\u00e8 nda yem\u00e8 n\u00e8<\/em>&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;<em>Eh\nles gens l\u00e0, qu\u2019est ce qu\u2019ils veulent au juste<\/em>&nbsp;\u00bb. La deuxi\u00e8me est\ncelle de notre professeur de biologie Madame Mahawa Tolno (alors l\u00e0 c\u2019est\npitoyable). Elle donnait cours ce jour l\u00e0 dans une classe de 8<sup>\u00e8me<\/sup>\nann\u00e9e. Elle a commis l\u2019erreur de dire aux \u00e9l\u00e8ves d\u2019attendre que le principal\nnous autorise \u00e0 partir ou pas. Elle n\u2019\u00e9tait pas s\u00fbre que les rebelles puissent\nrevenir encore \u00e0 Gueck\u00e9dou. Elle se fiait \u00e0 la communication du gouvernement.\nLes \u00e9l\u00e8ves l\u2019ont pouss\u00e9e et elle est tomb\u00e9e. C\u2019est bien sur elle que beaucoup\nsont pass\u00e9s pour s\u2019\u00e9chapper, elle a faillit \u00eatre tu\u00e9e par ses propres \u00e9l\u00e8ves.\nHeureusement, l\u2019\u00e9tablissement n\u2019\u00e9tait pas encore cl\u00f4tur\u00e9. La troisi\u00e8me est\ncelle de notre principal Monsieur L\u00e9on Tamba Koundouno. Il a oubli\u00e9 sa moto et\ns\u2019est mis \u00e0 courir avec nous. En 2000, il avait d\u00e9j\u00e0 plus de 60 ans je pense,\nil avait du mal \u00e0 courir si vite. C\u2019est un de ses neveux qui a pris le courage\nde prendre la moto pour la lui donner \u00e0 quelques encablures du pont sur le\nfleuve Waou. Le pont qui relie la commune de Gueck\u00e9dou \u00e0 l\u2019ensemble de ses sous-pr\u00e9fectures,\nexcept\u00e9 T\u00e9koulo et Gu\u00e8nd\u00e8mbou.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Ulimo, ce\ncombattant au comportement douteux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au niveau de ce pont se trouvaient des militaires qui ont\nattendu que les \u00e9l\u00e8ves passent, le reste de leurs actions, n\u2019a \u00e9t\u00e9 que du sang.\nNos fr\u00e8res jeunes volontaires sortent comme le 6 d\u00e9cembre pour combattre\nl\u2019ennemi. Ils n\u2019ont ni formation, ni protection. Eux qui s\u2019attendaient \u00e0 tuer\nou repousser les rebelles, auraient crois\u00e9 de agents de la milice Ulimo (United\nLib\u00e9ration Movement of Lib\u00e9ria for Democracy) de Aladji Kromah qui combattait\ncontre Charles Taylor. Des semaines plut\u00f4t cette milice avec les Kamandjors,\ncombattaient aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019arm\u00e9e guin\u00e9enne contre le m\u00eame ennemi. Les miliciens\nde l\u2019Ulimo se seraient donc mis \u00e0 tirer, &nbsp;mais sans cesse sur ces jeunes volontaires.\nAvant qu\u2019ils ne se rendent compte qu\u2019ils avaient \u00e0 faire \u00e0 deux groupes\nennemis, beaucoup d\u2019entre eux avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019aujourd\u2019hui, nous ne savons pas pourquoi ce revirement\nde l\u2019Ulimo. Nous ne savons pas non plus pourquoi, le gouvernement guin\u00e9en a\nminimis\u00e9 les chiffres&nbsp;: 80 officiellement. Nos fr\u00e8res jeunes volontaires\nsont morts en nombre, plusieurs autres ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s, je n\u2019ai pas de\nchiffres. Et l\u2019Etat, ne dit jamais combien de rebelles ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. Des\nrebelles qui connaissaient trop notre ville, nos quartiers, des maisons,\nboutiques et magasins qu\u2019ils devraient vandaliser et des riches qu\u2019ils\ndevraient abattre pour \u00eatre des \u00e9trangers. Nos fr\u00e8res jeunes volontaires nous\nont m\u00eame confi\u00e9 avoir vu des guin\u00e9ens parmi les assaillants.&nbsp; Et des otages&nbsp;? On n\u2019en a m\u00eame pas parl\u00e9\ndans les discours officiels. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons pu suivre des accrochages les jours qui ont suivi\nl\u2019attaque du 10 janvier dont vraisemblablement l\u2019auteur ne serait pas loin de\nl\u2019Ulimo, entre cette milice et les autres groupes arm\u00e9s compos\u00e9s de jeunes\nvolontaires guin\u00e9ens, Kamandjors et militaires guin\u00e9ens. J\u2019ai \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 une\nbataille, qui si elle n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 ma\u00eetris\u00e9e, allait commettre plus de\nvictimes que Gueck\u00e9dou et Macenta r\u00e9unis. Le 20 janvier, je pars de Lewa en\ncompagnie de mon grand fr\u00e8re Pascal pour Kat Kamah, un village situ\u00e9 sur la\nnationale Gueck\u00e9dou-Kissidougou. Le gouvernement guin\u00e9en l\u2019avait choisi de\ncommun accord avec le HCR pour le regroupement de tous les refugi\u00e9s lib\u00e9riens\net sierra l\u00e9onais qui devraient \u00eatre rapatri\u00e9s ce premier semestre de l\u2019ann\u00e9e\n2001. Notre grand fr\u00e8re a\u00een\u00e9 Eric Moriba qui est agent technique de sant\u00e9\ncommunautaire, travaillait pour le compte de l\u2019ONG M\u00e9decins du monde dans ce\ncamp de regroupement. Je devrais donc le trouver pour que je puisse rejoindre\nmes autres fr\u00e8res qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Kissidougou pour les \u00e9tudes. Mon grand\nfr\u00e8re Pascal et moi avons parcouru plus 30 kilom\u00e8tres \u00e0 pieds. Il n\u2019y avait pas\nsuffisamment de transporteurs qui osaient s\u2019y aventurer. <\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9s \u00e0 Kat Kamah, le fr\u00e8re m\u2019a laiss\u00e9 au bord de la route\npour aller trouver notre a\u00een\u00e9, envahit par une foule nombreuse de refugi\u00e9s\npr\u00eats \u00e0 partir. Ils \u00e9taient vraiment d\u00e9bord\u00e9s ces agents techniques de sant\u00e9\nqui avaient \u00e9volu\u00e9 dans les camps de refugi\u00e9s. Je l\u2019ai su plus tard&nbsp;; Kat\nKamah, \u00e9tait de facto devenu un lieu o\u00f9 plusieurs int\u00e9r\u00eats \u00e9taient en\njeu&nbsp;: les femmes, les vivres, les biens mat\u00e9riels que les refugi\u00e9s ne\npouvaient pas emmener avec eux et l\u2019argent. Sur ces int\u00e9r\u00eats, les groupes arm\u00e9s\nvenus s\u00e9curiser les lieux, ne s\u2019entendaient pas. Encore l\u00e0, les quatre groupes\nse retrouvent en grand nombre&nbsp;: l\u2019arm\u00e9e guin\u00e9enne, les jeunes volontaires,\nles Kamandjors et l\u2019Ulimo. Et d\u2019un seul coup, les tirs ont \u00e9clat\u00e9. Il y avait\ndes milliers de refugi\u00e9s, je loue le seigneur qui a d\u00fb leur parler ce jour,\nmais ce serait un carnage inoubliable,&nbsp;\npuisque la foule \u00e9tait mass\u00e9e \u00e0 un seul endroit donc facile \u00e0 massacr\u00e9e.\n<\/p>\n\n\n\n<p>Automatiquement les v\u00e9hicules du HCR ont commenc\u00e9 \u00e0 bouger,\nsans prendre m\u00eame les refugi\u00e9s qui devraient probablement passer quelques\nformalit\u00e9s avant le d\u00e9part. Mon fr\u00e8re parti chercher notre a\u00een\u00e9, n\u2019\u00e9tait\ntoujours pas revenu. Je reste l\u00e0, les yeux riv\u00e9s partout et surtout, je ne\nsavais quoi faire. L\u2019id\u00e9e me vint alors de m\u2019embarquer avec un groupe de\nrefugi\u00e9s. C\u2019est quand j\u2019\u00e9tais sur le point d\u2019attraper une barre de fer qui\nservait d\u2019\u00e9chelle que mon grand fr\u00e8re est apparu, il a cri\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>Jacques, descends<\/em>&nbsp;\u00bb, Je suis all\u00e9\nvers lui, pendant ce temps les tirs se poursuivaient. Nous avons fuit sur une\nlongue distance, \u00e0 des endroits et avec des personnes qu\u2019on ne connaissait pas.\nJ\u2019ai vu des v\u00e9hicules filer \u00e0 des vitesses inimaginables, mais en marche\narri\u00e8re. Nous sommes rest\u00e9s cach\u00e9s un bon moment au bord d\u2019une rivi\u00e8re, jusqu\u2019\u00e0\nce que le calme soit revenu. Apr\u00e8s mon grand fr\u00e8re m\u2019a dit qu\u2019il n\u2019a pas vu\nnotre a\u00een\u00e9. Pas de t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 l\u2019\u00e9poque, donc on ne pouvait pas l\u2019appeler. Nous\nsommes donc repartis comme nous sommes venus \u00e0 pieds pour le village. C\u2019est une\nsemaine apr\u00e8s que notre grand fr\u00e8re Eric a envoy\u00e9 quelqu\u2019un me chercher pour\nm\u2019amener \u00e0 Kissidougou, via Badala, qui a un march\u00e9 hebdomadaire et qui est\ntr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9. Cet accrochage de Kat Kamah, les m\u00e9dias n\u2019en ont pas parl\u00e9.\nD\u2019ailleurs la RTG seule \u00e0 l\u2019\u00e9poque ne nous informait pas sur l\u2019attaque, seules\nles radios \u00e9trang\u00e8res. <\/p>\n\n\n\n<p>A Kissoudougou, nous \u00e9tions des d\u00e9plac\u00e9s de guerre. On nous\nappelait ainsi. Nous avions droit \u00e0 quelques vivres de la part de la Croix\nrouge. Dans les \u00e9coles guin\u00e9ennes de Kissidoudou, les encadreurs nous ont\nmalgr\u00e9 tout demand\u00e9 de payer pour des tables bancs. Nous en avons achet\u00e9s. Moi\nau coll\u00e8ge central de Kissidougou (CCK), mon grand fr\u00e8re Bernard au Lyc\u00e9e\nErnesto Ch\u00e9 Gu\u00e9wara et le grand fr\u00e8re Alain \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire de Yassaf\u00e8\nKoura.&nbsp; Kissidougou est une ville\nd\u2019hospitalit\u00e9. Nous \u00e9tions dans une famille Kouranko tr\u00e8s gentille. Je ne sais\nm\u00eame pas combien notre grand fr\u00e8re payait comme loyer, mais cette famille\npartageait tout avec nous. Notre belle s\u0153ur (l\u2019\u00e9pouse du grand fr\u00e8re a\u00een\u00e9) y\nappris \u00e0 faire du toh, mon grand fr\u00e8re Alain Bruno et moi, vendions du p\u00e9trole\nles nuits. Malgr\u00e9 cette hospitalit\u00e9, nous \u00e9tions press\u00e9s de repartir \u00e0\nGueck\u00e9dou, chez nous. C\u2019est ce que nous avons fait d\u00e8s juillet 2001. Nous\nsommes repartis pour ne plus bouger, sauf apr\u00e8s le baccalaur\u00e9at. D\u00e9figur\u00e9e,\nm\u00eame dans la poussi\u00e8re, nous l\u2019aimions, nous l\u2019aimons.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;19 ans apr\u00e8s, je\ndemande \u00e0 l\u2019Etat de fournir des r\u00e9ponses \u00e0 ces questions que tout le monde se\npose. Qui nous a attaqu\u00e9s r\u00e9ellement&nbsp;? Nous entendions un certain Fofana\nparler au nom de la r\u00e9bellion (je me m\u00e9fie du pr\u00e9nom) \u00e0 travers les m\u00e9dias\ninternationaux. On ne m\u2019a pas racont\u00e9, j\u2019\u00e9coute les radios internationales\ndepuis que&nbsp; j\u2019\u00e9tais tout petit. C\u2019est l\u00e0\nj\u2019ai retenu des grands noms&nbsp;de la presse qui m\u2019ont bien s\u00fbr donner envie\nde devenir un jour journaliste: Amadou Diallo de BBC afrique, Mouctar Bah,\nSerges Daniel de RFI, Ben Daouda Sylla d\u2019Africa Nro 1, Alpha Kabinet Doumbouya\nde la voix de l\u2019Am\u00e9rique. Ce Fofana est donc guin\u00e9en&nbsp;? Et la r\u00e9bellion\navait quelle nationalit\u00e9 et motivations&nbsp;? Pourquoi il n\u2019y a jamais eu\nd\u2019enqu\u00eates pour situer les responsabilit\u00e9s&nbsp;? Pourquoi l\u2019Ulimo aurait tir\u00e9\net tu\u00e9 les jeunes volontaires&nbsp;? Pourquoi l\u2019Etat n\u2019a pas respect\u00e9 sa\npromesse vis-\u00e0-vis des jeunes volontaires&nbsp;? Il avait promis de les\nrecruter dans l\u2019arm\u00e9e. Tous n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pris.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la reconstruction de Gueck\u00e9dou, \u00e7a viendra avec le\ntemps. De toutes les fa\u00e7ons, pour l\u2019instant certains cadres ressortissants de\nGueck\u00e9dou, dont les voix portent plus que les n\u00f4tres, estiment que tout va bien\nchez nous, ils le disent quand ils sont dans les m\u00e9dias ou devant les\nrepr\u00e9sentants de l\u2019Etat au plus haut niveau. Qu\u2019on n\u2019y a rien d\u00e9truit. Et l\u00e0 je\nparle \u00e0 la fois de ceux qui \u00e9taient l\u00e0 ministres et hauts cadres sous le r\u00e9gime\nde Lansana Cont\u00e9 qui ne se sont jamais battus pour que notre belle cit\u00e9\nd\u00e9truite ait le statut de ville sinistr\u00e9e et ceux qui servent aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019Alpha\nCond\u00e9 aujourd\u2019hui qui se moquent de nos fr\u00e8res qui supportent la poussi\u00e8re en\nsaison s\u00e8che et la boue en saison des pluies en leur demandant de ne pas se\nplaindre. S\u2019y ajoutent les actuels pr\u00e9fet et maire de Gueck\u00e9dou. Donc mon\nt\u00e9moignage n\u2019est pas pour qu\u00e9mander un investissement. Mais des r\u00e9ponses, pour\nqu\u2019on sache enfin&nbsp; l\u2019erreur qu\u2019on n\u2019a\ncommise pour m\u00e9riter un tel supplice. <\/p>\n\n\n\n<p>Je souhaite qu\u2019avant le 20<sup>\u00e8me<\/sup> anniversaire (en\nd\u00e9cembre 2020) qu\u2019il y ait un d\u00e9but de r\u00e9ponses \u00e0 toutes ces questions que les\ndignes fils de Gueck\u00e9dou se posent tous les jours. Nous n\u2019avons aucune haine et\nn\u2019accusons personne d\u2019en \u00eatre l\u2019auteur. Mais nous croyons que l\u2019Etat dispose\ndes moyens pour chercher, trouver et punir l\u2019auteur qui, s\u2019il est guin\u00e9en, est\napatride. On ne prend pas les armes contre ses propres fr\u00e8res.&nbsp; <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ceci est un r\u00e9cit personnel et une interrogation. Tout comme moi, les fils de Gueck\u00e9dou veulent des r\u00e9ponses aux questions suivantes&nbsp;: qui nous a attaqu\u00e9s&nbsp;? Et pourquoi&nbsp;? 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