Le gouvernement de transition en Guinée a nommé Sékou Koureissy Condé président de l’Office national de supervision du référendum (ONASUR), l’organe chargé de garantir la transparence du scrutin constitutionnel prévu dans les prochains mois.
Ancien ministre de la Sécurité et figure respectée du monde académique et diplomatique, Sékou Koureissy Condé est connu pour son rôle de médiateur dans plusieurs crises politiques ouest-africaines. Sa désignation est perçue comme une tentative des autorités de donner plus de légitimité à un processus scruté de près, tant à l’intérieur du pays que par la communauté internationale.
Un bureau pluraliste
Aux côtés de son président, l’ONASUR comptera huit autres personnalités issues d’institutions diverses : Mamadou Sanoussy Bah et Maïmouna Traoré du Conseil national de la transition (CNT), Ousmane Diaby (juriste), Pierre Lamah (magistrat), Me Pépé Antoine Lamah (avocat), ainsi que trois représentants de la société civile Lamine Bamba (CNOSC), Seydouba Bangoura (CONASOC) et Lanfia Ibn Mohamed Condé (PCUD).
Conformément à la loi L/2025/012 adoptée en avril dernier, les autres postes de l’organe (vice-président, rapporteurs, trésorier) seront élus par les membres et validés par décret.
La nomination de Sékou Koureissy Condé intervient dans un climat politique marqué par la méfiance et les appels de l’opposition à des garanties sur la régularité du vote. Analystes et diplomates estiment que son profil conciliateur pourrait renforcer la crédibilité de l’ONASUR, mais soulignent que l’efficacité de l’organe dépendra de son indépendance réelle vis-à-vis de l’exécutif.
Pour les autorités de la transition, la mise en place du bureau de l’ONASUR constitue un jalon majeur vers le retour à l’ordre constitutionnel. Mais pour beaucoup de Guinéens, la véritable épreuve reste à venir : démontrer que le référendum se déroulera dans la transparence et dans un climat apaisé.