Face à la menace de grève annoncée par l’intersyndicale de l’Éducation, le gouvernement guinéen a enclenché un processus de dialogue pour tenter d’éviter une nouvelle crise dans le secteur éducatif. Le ministre du Travail et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a adressé un courrier officiel aux trois composantes de l’intersyndicale, les invitant à l’ouverture de négociations dès lundi 10 novembre 2025.
L’information a été confirmée par Michel Pépé Balamou, membre de l’intersyndicale, qui a précisé que le courrier ministériel demande aux syndicats de désigner quinze représentants soit cinq par structure syndicale pour participer à la commission de négociation.
Selon les sources syndicales, les travaux se tiendront au ministère du Travail et de la Fonction publique et seront placés sous l’arbitrage de l’Inspecteur général de l’Administration publique (IGAP) et du président du Conseil national du dialogue social (CNDS). Des représentants du ministère du Budget ainsi que des trois départements du secteur éducatif (Éducation nationale, Enseignement supérieur, Enseignement technique et Formation professionnelle) prendront également part aux discussions.
Toutefois, l’intersyndicale reste ferme sur ses positions. Elle insiste pour que les débats portent exclusivement sur son mémorandum, dont la signature du statut particulier révisé des personnels de l’Éducation constitue la revendication centrale. Le cadre de discussion passe ainsi d’une commission technique à une commission bipartite de négociation, réunissant uniquement le gouvernement et l’intersyndicale, dans le but de gagner du temps et d’aller à l’essentiel.
Pour éviter toute confusion au sein du corps enseignant, le secrétaire général du Syndicat national de l’Éducation (SNE) a tenu à préciser qu’il n’existe qu’un seul statut particulier couvrant les trois sous-secteurs de l’éducation.
« Il n’y a pas deux statuts particuliers. Celui signé le 12 juin 2006, à la suite de la grande grève de l’époque, reste le seul en vigueur », a-t-il rappelé, soulignant que ce texte porte la signature du feu président Lansana Conté.
Il a également clarifié la distinction entre statut et primes. Selon lui, les primes de grade accordées à l’enseignement supérieur découlent d’une lutte sectorielle engagée depuis 2015-2016, sous le ministre Yéro Baldé, puis consolidée par l’actuelle ministre Diaka Sidibé. Ces avantages ne constituent pas un statut, mais des primes de rémunération liées au niveau académique et à la recherche. Les enseignants du pré-universitaire titulaires d’un doctorat ou d’une agrégation peuvent eux aussi y prétendre, a-t-il ajouté.
L’intersyndicale affirme que son mémorandum tient compte de toutes les préoccupations du personnel enseignant, notamment la revalorisation des primes de fonction, la réintégration des salaires bloqués et l’amélioration des conditions de carrière dans les trois sous-secteurs.
Michel Pépé Balamou a également appelé ses camarades de l’enseignement supérieur, technique et professionnel à préserver l’unité syndicale et à éviter toute posture victorieuse.
« Rien n’est encore acquis. Même dans l’enseignement supérieur, tous les enseignants ne bénéficient pas des primes de carrière. Nous devons rester solidaires et cohérents dans nos revendications », a-t-il insisté.
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