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Guinée : la Cour suprême, nouveau centre de gravité du processus présidentiel

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C’est désormais la Cour suprême qui concentre toutes les attentions à Conakry. En l’absence d’une Cour constitutionnelle encore en phase d’installation, la plus haute juridiction du pays s’est vue confier une mission transitoire : recevoir et enregistrer les dossiers de candidature pour l’élection présidentielle à venir.

Cette responsabilité découle des dispositions du nouveau Code électoral, dont l’article 128 fixe le cadre légal du dépôt des candidatures. Le texte prévoit que chaque postulant à la magistrature suprême doit déposer son dossier au plus tard 55 jours avant le scrutin, accompagné d’une déclaration en double exemplaire signée de sa main. Ce document engage le candidat sur l’honneur quant à la conformité de son profil aux conditions d’éligibilité fixées par la loi.

Une fois le dossier transmis, le greffe délivre un récépissé de dépôt une formalité administrative qui ne constitue pas pour autant une validation. Le dernier mot reviendra à l’autorité compétente, dès que la Cour constitutionnelle sera officiellement opérationnelle.

Mais au-delà du formalisme juridique, un autre aspect attire l’attention : la caution financière exigée des candidats. Dans les deux jours suivant le dépôt de leur dossier, ils doivent verser une somme dont le montant est défini par la Direction générale des élections (DGE), organe qui assure la gestion du processus électoral en attendant l’installation définitive de l’OTIGE.

La loi prévoit également un mécanisme de restitution partielle : les candidats non retenus récupèrent leur caution dans un délai de sept jours après le rejet de leur dossier, tandis que ceux ayant obtenu au moins 5 % des voix au premier tour bénéficient du même remboursement.

Dans les couloirs de la Cour suprême, les allées et venues s’intensifient, les équipes juridiques peaufinent les dossiers et les candidats affûtent leurs arguments. Ce ballet institutionnel traduit l’entrée de la Guinée dans une phase décisive de sa transition électorale, où le droit et la politique s’entrelacent à chaque étape.

Au-delà de la procédure, l’enjeu est clair : donner à cette élection une base légale solide et crédible, dans un climat politique encore marqué par les incertitudes de la transition. Dans ce contexte, la Cour suprême s’impose, le temps d’un processus, comme le gardien provisoire de la légitimité électorale en Guinée.

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