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Fiscalité minière : la DGI consolide son arsenal technique contre l’érosion des recettes

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la Guinée tente de renforcer l’un de ses leviers stratégiques les plus sensibles : le contrôle des revenus issus de son sous-sol. Ce lundi 19 janvier 2026, la Direction générale des Impôts (DGI) a ouvert un atelier technique consacré aux prix de transfert dans le secteur minier, sous la présidence du ministre du Budget, Facinet Sylla. Un exercice à la fois pédagogique et politique, révélateur de la volonté de l’État de mieux capter la valeur générée par ses ressources naturelles.

« Le secteur minier constitue une source importante de mobilisation des ressources intérieures », a rappelé d’emblée la Directrice générale des Impôts, Fatoumata Foula Diallo. Derrière cette formule institutionnelle se cache une réalité plus complexe : dans un pays où la bauxite représente l’essentiel des exportations et où le mégaprojet Simandou est appelé à transformer l’économie nationale, la fiscalité minière est devenue l’un des principaux champs de bataille de la souveraineté budgétaire.

Longtemps, l’administration fiscale a évolué avec des moyens limités face à des entreprises multinationales dotées d’ingénieries financières sophistiquées. La DGI affirme aujourd’hui vouloir combler cet écart.
« Des réformes ont permis la création d’une Direction des Mines et Carrières ainsi que de brigades de vérification spécialisées », a précisé Mme Diallo. Une évolution structurelle qui marque une professionnalisation progressive de l’appareil fiscal, désormais pensé comme un outil stratégique de régulation économique.

Au centre des discussions figure la problématique des prix de transfert, ces mécanismes par lesquels des filiales d’un même groupe fixent les prix de leurs échanges commerciaux. Légitimes en théorie, ils deviennent problématiques lorsqu’ils servent à minorer artificiellement les bénéfices déclarés localement.
« L’objectif est de renforcer la maîtrise des prix de référence, en particulier pour la bauxite, et d’anticiper les enjeux fiscaux liés aux projets de minerai de fer, dont Simandou », a insisté la Directrice générale.

L’atelier vise ainsi à doter les cadres de la DGI d’outils d’analyse leur permettant de détecter les risques fiscaux en amont, dans un secteur où les montants en jeu se chiffrent en centaines de millions de dollars. Plus qu’un simple renforcement de capacités, il s’agit d’une montée en gamme de l’administration fiscale, appelée à dialoguer avec des acteurs économiques globaux sur un terrain hautement technique.

Le ministre du Budget, Facinet Sylla, a pour sa part inscrit cette initiative dans la dynamique plus large de modernisation de l’État.
« Les performances enregistrées par les régies financières sont le résultat des réformes engagées dans les administrations fiscales et douanières », a-t-il déclaré, mettant en avant une amélioration de la mobilisation des recettes publiques.

Il a rappelé que ces ressources ne sont pas abstraites :
« Elles ont contribué notamment à l’organisation des élections et au renforcement de la présence de l’État sur le territoire. »
Un rappel qui souligne le lien direct entre efficacité fiscale et capacité de l’État à assumer ses missions régaliennes.

Pour le ministre, la fiscalité minière doit rester sous surveillance constante.
« L’administration doit rester vigilante pour mieux encadrer les opérations des entreprises minières », a-t-il conclu avant de déclarer les travaux ouverts.

À travers cet atelier, la Guinée donne à voir une administration qui cherche moins l’affrontement que l’équilibre : encadrer sans décourager l’investissement, sécuriser les recettes sans freiner la dynamique économique. Une équation délicate, au cœur de laquelle se joue la transformation de la richesse minière en développement durable et en stabilité budgétaire.

Imedias.net

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