Connect with us

Actualité

Éthiopie : une startup donne une seconde vie au papier usagé

Published

on

À Addis-Abeba, une jeune pousse donne une seconde vie au papier usagé en le transformant en objets artisanaux destinés principalement aux entreprises, fabriqués à la main par des mères artisanes. Ce processus de surcyclage (upcycling) ne se limite pas à la création de produits. En effet, il génère des revenus durables et autonomise des milliers de mères vivant avec moins de 2 dollars par jour, tout en protégeant l’environnement.

Connue sous le nom de « AndE Mamma », la start-up collecte le papier auprès d’institutions locales grâce à des agents d’entretien rémunérés selon la quantité collectée. Le papier est ensuite trié : une partie est recyclée, l’autre est surcyclée dans un centre de production, où des artisanes transforment la matière en articles destinés principalement aux entreprises.

« Nous œuvrons à autonomiser des millions de mères en difficulté (ayant un revenu quotidien inférieur à 2 dollars) tout en créant des produits à forte valeur ajoutée. Nous allions innovation sociale et protection de l’environnement dans un même modèle économique inclusif », déclare Michael Haile, directeur général d’AndE Mamma, dans un entretien accordé à la dpa.

Améliorer l’indice de développement humain (IDH) des Éthiopiens

« Notre rêve est de faire passer l’indice de développement humain (IDH) des Éthiopiens et des Africains à un niveau supérieur à 0,8 », ajoute-t-il. Lancée en 2020, « AndE Mamma » compte aujourd’hui une cinquantaine d’employés permanents, ainsi que 2 562 agents d’entretien et nettoyeurs servant de collecteurs primaires.

La start-up collabore également avec 722 artisans dans un modèle de production à domicile réparti sur cinq sous-villes d’Addis-Abeba. Ses produits sont principalement commercialisés sur le marché local, mais l’entreprise collabore également avec quelques acheteurs à l’international, notamment aux États-Unis. En cinq ans, la start-up a collecté 3 800 tonnes de papier destinées au recyclage et au surcyclage. Rien que l’an dernier, elle est parvenue à collecter environ 1 200 tonnes.

Pour Michael, l’économie circulaire représente une ressource encore largement inexploitable pour le continent. « Ce que beaucoup considèrent comme des déchets est en réalité une matière première précieuse. En l’utilisant efficacement, l’Afrique peut s’autosuffire et créer de la valeur localement », souligne-t-il.

Impératif de mettre en place des mécanismes de financement pour stimuler l’innovation

« Pour encourager les entrepreneurs à se lancer dans ce type d’initiatives, il est essentiel de mettre en place un environnement favorable, avec des politiques publiques adaptées et des mécanismes de financement pour stimuler l’innovation », plaide le directeur général de « AndE Mamma ». L’entreprise affiche aujourd’hui des objectifs ambitieux pour développer son impact. Elle table sur la collecte de 22 000 tonnes de papier par an et la production de plus de 300 000 objets artisanaux.

En 2024, l’Éthiopie a entamé l’élaboration d’une feuille de route nationale pour l’économie circulaire, avec le soutien de la Banque africaine de développement (BAD). Financée par le Fonds pour l’économie circulaire en Afrique (ACEF) relevant de la BAD et mise en œuvre en collaboration avec l’Alliance pour l’économie circulaire en Afrique (ACEA), cette feuille de route cible différents secteurs comme la construction, l’industrie manufacturière, l’agriculture et la gestion des déchets. Sa mise en œuvre permettra de préserver les ressources, de réduire la pollution, de créer des emplois verts et de stimuler la croissance économique.