Alors que le monde marque tristement le deuxième anniversaire de la guerre dévastatrice au Soudan, les ministres des Affaires étrangères du G7 – réunissant le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis – ainsi que le Haut Représentant de l’Union européenne, ont lancé un appel commun, ferme et sans ambiguïté, pour dénoncer l’escalade des violences, les atrocités et les violations graves des droits humains qui continuent de déchirer le pays.
Depuis avril 2023, le conflit sanglant opposant les Forces armées soudanaises (SAF) aux Forces de soutien rapide (RSF) a plongé le Soudan dans l’un des pires drames humanitaires de notre époque. Femmes et enfants sont les premières victimes de cette tragédie, marquée par des vagues de déplacement massif, des violences sexuelles généralisées liées au conflit, des attaques à motivation ethnique et des exécutions sommaires.
Les membres du G7 tirent la sonnette d’alarme sur la famine qui s’étend dangereusement dans plusieurs régions du pays, et sur des témoignages de plus en plus nombreux faisant état de l’usage délibéré de la faim comme arme de guerre – une pratique formellement interdite par le droit humanitaire international.
Les attaques menées par les RSF autour d’El Fasher, notamment dans les camps de déplacés de Zamzam et Abu Shouk, ont particulièrement choqué la communauté internationale. Ces assauts ont fait de nombreuses victimes parmi les civils et les travailleurs humanitaires, selon des sources concordantes. Le G7 exige la fin immédiate de ces violences et rappelle que la protection des civils est une obligation absolue pour toutes les parties au conflit.
Dans leur déclaration, les ministres du G7 appellent les deux belligérants à respecter leurs engagements pris à Jeddah, notamment celui de distinguer en tout temps les civils des combattants et les infrastructures civiles des cibles militaires.
Ils exhortent également les acteurs armés à lever tous les obstacles qui entravent l’acheminement de l’aide humanitaire, à garantir la sécurité des personnels humanitaires, et à ouvrir l’accès humanitaire par toutes les frontières, y compris via le Tchad et le Soudan du Sud.
Les « salles de réponse d’urgence », qui assurent la survie de milliers de civils, doivent être protégées, tout comme les infrastructures vitales telles que les barrages et les réseaux de télécommunication.
Le G7 réclame un cessez-le-feu immédiat et sans condition, et presse les SAF et les RSF à entamer des négociations sérieuses et constructives. Il appelle également les puissances étrangères à cesser tout soutien militaire qui alimente le conflit, en référence à la Déclaration de principes adoptée lors de la Conférence humanitaire internationale sur le Soudan à Paris, en 2024.
Aucune paix durable ne pourra être trouvée sans l’inclusion réelle de la société civile soudanaise, notamment les femmes et les jeunes, martèle le communiqué. Le G7 insiste sur l’impératif d’un processus de paix qui reflète les aspirations du peuple soudanais : liberté, paix et justice.
Enfin, les chefs de la diplomatie du G7 réaffirment leur soutien à une transition démocratique au Soudan, et leur attachement indéfectible à la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale du pays.
« Nous restons engagés à intensifier nos efforts diplomatiques collectifs pour mettre fin à la plus grande crise humanitaire au monde et ouvrir la voie à la paix », conclut le G7, qui mise notamment sur les travaux à venir de la Conférence de Londres sur le Soudan.
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