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Demandes d’asile en recul : l’UE observe un changement de tendance

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Pour la deuxième année consécutive, le nombre de demandes d’asile enregistrées dans l’Union européenne est en nette diminution. Selon des données préliminaires de la Commission européenne, environ 780 200 demandes ont été déposées entre janvier et la mi-décembre 2025 dans les vingt-sept États membres, ainsi qu’en Norvège et en Suisse. Cela représente une baisse d’environ 20 % par rapport à la même période en 2024.

Ces chiffres figurent dans un rapport non public de la Commission, transmis de manière confidentielle aux États membres et révélé par le quotidien allemand Welt am Sonntag, avant d’être consulté par l’agence de presse dpa. Ils confirment une inflexion progressive des dynamiques migratoires observées ces dernières années vers le continent européen.

La principale explication avancée tient à la chute marquée des demandes émanant de ressortissants syriens. Après la fin du régime de Bachar al-Assad, fin 2024, de nombreux Syriens nourrissent l’espoir d’une stabilisation progressive de leur pays. Cette perspective, encore fragile, semble avoir contribué à réduire les départs vers l’étranger, notamment vers l’Europe.

L’Allemagne toujours en tête, malgré un recul spectaculaire

L’Allemagne demeure le premier pays d’accueil des demandeurs d’asile, même si elle enregistre une baisse particulièrement prononcée. Selon le ministère fédéral de l’Intérieur, le nombre de premières demandes a chuté de 51 % en 2025, pour atteindre 113 236 dossiers. En intégrant les demandes initiales et les demandes de suivi, le total s’élève à environ 149 100.

Derrière l’Allemagne, la France se situe à un niveau comparable, avec 148 600 demandes, suivie par l’Espagne (137 300) et l’Italie (125 800). Ces quatre pays concentrent à eux seuls une part substantielle de la pression migratoire exercée sur les systèmes d’asile européens.

Une lecture politique prudente à Bruxelles

À Bruxelles, cette évolution est accueillie avec satisfaction mesurée. Sans fournir de chiffres précis, le commissaire européen chargé des Affaires intérieures et de la Migration, Magnus Brunner, a jugé que 2025 avait été « une bonne année pour la politique migratoire européenne », suggérant que les efforts de coordination entre États membres, le renforcement du contrôle aux frontières extérieures et les accords avec des pays tiers commencent à produire des effets tangibles.

Le rapport de la Commission se distingue par le fait qu’il prend en compte non seulement les premières demandes, mais aussi les demandes ultérieures, offrant une vision plus complète de la pression exercée sur les dispositifs d’asile.

Une baisse encore fragile

Cette diminution des demandes d’asile ne signifie pas pour autant un reflux durable des migrations vers l’Europe. Les autorités européennes restent conscientes de la forte dépendance de ces flux aux évolutions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient et en Afrique. La moindre résurgence de conflits, de crises humanitaires ou d’instabilités politiques pourrait rapidement inverser la tendance.

Pour l’heure, ces chiffres marquent toutefois une rupture par rapport aux années de forte pression migratoire. Ils esquissent l’image d’une Europe où la demande d’asile, sans disparaître, semble entrer dans une phase de relative décrue, portée autant par des changements géopolitiques que par une réorganisation progressive des politiques migratoires européennes.

dpa