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Cybercriminalité en Afrique : une menace grandissante dans un continent de plus en plus connecté

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L’Afrique est à un tournant numérique, mais cette révolution s’accompagne d’une montée en flèche de la cybercriminalité. Selon le Rapport 2025 sur la cybersécurité et la sensibilisation en Afrique publié par KnowBe4, les cyberattaques se multiplient à un rythme alarmant, ciblant particulièrement les utilisateurs de smartphones et les plateformes bancaires mobiles.

L’étude, réalisée dans sept pays africains (Maroc, Afrique du Sud, Nigeria, Ghana, Égypte, Kenya et Botswana), révèle une inquiétude croissante des citoyens face aux cybermenaces. 58 % des répondants se disent « très préoccupés » par la cybercriminalité en 2024, contre seulement 29 % en 2023.

« Nous assistons à une montée en puissance des attaques via le phishing, l’usurpation d’identité et les arnaques financières. Les cybercriminels exploitent l’intelligence artificielle et les failles de sécurité humaine pour piéger leurs victimes », explique Anna Collard, experte en cybersécurité chez KnowBe4.

Les services bancaires mobiles, cible privilégiée des cybercriminels

 

L’un des points les plus préoccupants du rapport est l’augmentation spectaculaire de l’usage des services bancaires et de paiement mobile, passés de 63 % en 2023 à 85 % en 2024 parmi les répondants. Cette transformation numérique, bien qu’elle favorise l’inclusion financière, expose également les utilisateurs à des cybermenaces accrues.

Le South African Banking Risk Information Centre (SABRIC) rapporte que les fraudes aux applications bancaires ont causé plus d’un milliard de rands de pertes en 2023 en Afrique du Sud.

Dans ce contexte, le phénomène du « fraud-as-a-service » prend de l’ampleur. Des plateformes clandestines permettent désormais aux cybercriminels d’acheter des kits de phishing ou des outils d’extorsion automatisés, facilitant ainsi la multiplication des attaques.

L’impact grandissant des ransomwares et du phishing

 

Le rapport souligne une méconnaissance inquiétante des cybermenaces :

  • 53 % des répondants ignorent ce qu’est un ransomware, un logiciel malveillant qui verrouille les fichiers des victimes contre rançon.
  • 37 % admettent être tombés dans le piège d’une fausse information ou d’une campagne de désinformation.
  • 35 % ont déjà perdu de l’argent suite à une arnaque en ligne.

Le phishing – ou hameçonnage – reste la méthode d’attaque la plus courante. Ces arnaques, qui consistent à tromper les victimes en leur faisant croire qu’elles interagissent avec une entité légitime (banque, entreprise, service gouvernemental), se sont sophistiquées grâce à l’IA.

« Nous voyons de plus en plus de deepfakes et de contenus générés par IA qui imitent des voix, des vidéos et des communications officielles. Cela rend la détection des fraudes extrêmement difficile », avertit un analyste en cybersécurité.

Un fossé entre la confiance et la réalité

 

Paradoxalement, malgré ces menaces, 83 % des personnes interrogées estiment être capables de reconnaître une attaque informatique. Pourtant, la moitié d’entre elles ne savent pas identifier un ransomware, ce qui démontre un dangerux excès de confiance.

Ce phénomène, connu sous le nom d’effet Dunning-Kruger, désigne une surestimation des compétences d’un individu dans un domaine où il manque de véritable expertise.

« Beaucoup de personnes pensent qu’un cybercriminel est facilement repérable. En réalité, ces attaques sont de plus en plus subtiles et s’appuient sur des manipulations psychologiques sophistiquées », souligne KnowBe4.

Quels leviers pour renforcer la cybersécurité en Afrique ?

 

Face à cette montée des cybermenaces, les experts du secteur appellent à une action immédiate et structurée. Le rapport propose plusieurs pistes pour renforcer la cybersécurité en Afrique :

  1. Formation et sensibilisation accrue :

    • Intégrer des modules de cybersécurité dans les programmes scolaires et professionnels.
    • Développer des campagnes de sensibilisation grand public sur les risques des fraudes en ligne.
  2. Sécurité mobile prioritaire :

    • Éduquer les utilisateurs sur les bonnes pratiques en matière de sécurité des paiements mobiles.
    • Encourager l’authentification à deux facteurs pour tous les services bancaires et sensibles.
  3. Renforcement des lois et de la coopération régionale :

    • Adopter des cadres réglementaires plus stricts contre la cybercriminalité.
    • Renforcer la coopération entre les pays africains pour traquer les cybercriminels et fermer les plateformes frauduleuses.

L’Afrique à l’épreuve d’une nouvelle ère numérique

 

Le rapport met en lumière un paradoxe : le développement rapide des technologies numériques en Afrique crée autant d’opportunités que de vulnérabilités.

Si les infrastructures et les outils se modernisent, le maillon faible reste l’humain. Les cybercriminels misent sur le manque de vigilance et de formation des utilisateurs pour perpétrer leurs attaques.

L’avenir de la cybersécurité en Afrique dépendra donc de la capacité des gouvernements, des entreprises et des citoyens à prendre conscience de ces défis et à adopter des stratégies proactives pour se protéger.

La cybersécurité ne doit plus être perçue comme une contrainte, mais comme une nécessité incontournable pour garantir un développement numérique sûr et durable.

La rédaction

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