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Centrafrique : l’hostilité contre les casques bleus à un « niveau inacceptable », selon Guterres

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Des « incidents hostiles » ciblant des Casques bleus et impliquant « des forces de défense et de sécurité », « ainsi que du personnel de sécurité déployé bilatéralement », se poursuivent en Centrafrique à un « niveau inacceptable », dénonce le chef de l’ONU dans un rapport remis lundi au Conseil de sécurité.

Ce niveau est préoccupant comme « la persistance de campagnes de désinformation » à l’encontre de la mission onusienne Minusca, précise Antonio Guterres dans ce document obtenu par l’AFP et qui porte sur une période allant de juin à octobre. Quand il évoque du « personnel de sécurité » présent en Centrafrique en vertu d’un accord bilatéral, le secrétaire général fait allusion, même s’il ne les identifie pas, notamment à des membres du groupe de sécurité russe Wagner.

Au début de l’été, des agissements de ce groupe contre des Casques bleus avaient déjà été vivement dénoncés par l’ONU. « De telles actions empêchent l’accomplissement du mandat, mettent en danger les vies des Casques bleus et sont en contradiction avec des engagements du président (Faustin Archange) Touadéra et du gouvernement » à leur arrêt, affirme le chef de l’ONU, en réclamant aux autorités centrafricaines « des mesures concrètes » pour y mettre un terme.

Sans autre détail, Antonio Guterres évoque dans son rapport « de graves violations », comme « l’entrave à la liberté de mouvement des patrouilles de la Minusca, l’arrestation ou la détention de (ses) membres », des « menaces » et des « tentatives de fouille de véhicules et de résidences du personnel des Nations Unies ».

Le chef de l’ONU relève par ailleurs que depuis juin, des affrontements entre bandes armées et des forces de défense centrafricaines, assistées « de personnels déployés dans un cadre bilatéral », ont tué « 176 civils », soit une hausse d’environ 46% par rapport aux quatre mois précédents.

« Les enquêtes de la Minusca ont conclu que la plupart des morts civiles a été le résultat d’un recours à la force excessif, disproportionné et à l’aveugle par les forces de défense nationale et les personnels de sécurité déployés de manière bilatérale », précise-t-il.

La Minusca, dont le mandat vient à échéance le 15 novembre, compte près de 12.000 militaires et représente l’une des opérations les plus coûteuses de l’ONU avec un budget annuel dépassant le milliard de dollars. La Centrafrique est en guerre civile depuis 2013 même si le conflit a baissé d’intensité depuis 2018. Des pans entiers de territoires continuent d’échapper au pouvoir central de Bangui.

AFP

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