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Centrafrique : inquiétudes croissantes autour de la crédibilité du scrutin de décembre

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À un mois des élections générales prévues le 28 décembre 2025, Human Rights Watch (HRW) met en garde contre des « irrégularités », des pressions politiques et des défaillances logistiques qui menacent la crédibilité du processus électoral en République centrafricaine.

Le scrutin, qui doit renouveler le président, l’Assemblée nationale et les municipalités pour la première fois depuis des décennies, intervient dans un climat institutionnel tendu, marqué par le référendum constitutionnel de 2023 ayant supprimé les limites de mandat et ouvert la voie à un maintien au pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra.

HRW dénonce les obstacles imposés à deux principaux opposants, les anciens Premiers ministres Anicet Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra, autorisés à se présenter seulement le 14 novembre, après des semaines de blocage administratif. Leur retard, estime l’organisation, « réduit la possibilité d’un véritable choix pour les électeurs ». L’arrestation d’un proche de M. Dondra renforce les accusations de pressions politiques.

L’Autorité nationale des élections fait également face à des problèmes de préparation : listes électorales incomplètes, manque d’agents formés et incertitudes sur l’ouverture des 6 700 bureaux de vote, notamment hors de Bangui, où l’insécurité et les difficultés d’accès risquent d’exclure une partie de l’électorat.

Ces inquiétudes surviennent alors que le gouvernement a signé plusieurs accords de paix avec des groupes armés. Diplomates et activistes doutent de leur solidité, évoquant un statu quo précaire susceptible de s’effondrer après les élections.

Dans ce contexte, plusieurs partis appellent au boycott, redoutant une domination totale du parti au pouvoir, le MCU, et un affaiblissement supplémentaire des contre-pouvoirs institutionnels.

La réduction progressive de la mission onusienne MINUSCA, chargée de sécuriser le processus électoral, accentue les incertitudes. À ce jour, la présence d’observateurs internationaux reste limitée.

HRW exhorte les autorités à assurer une participation équitable de l’opposition, à libérer les détenus sans base légale et à garantir un accès égal aux médias.
« La Centrafrique se trouve à un tournant », avertit Lewis Mudge. « Le pays ne peut espérer des élections crédibles tant que ces préoccupations restent non résolues. »

Imedias.net