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Bénin : près de neuf millions d’électeurs aux urnes pour un double scrutin à fort enjeu politique

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Le Bénin vit ce dimanche une journée électorale d’envergure. Près de neuf millions d’électeurs sont appelés à choisir à la fois leurs députés et leurs conseillers communaux, dans un climat politique chargé de symboles, un mois seulement après une tentative avortée de coup d’État contre le président Patrice Talon, et à l’orée d’une présidentielle prévue en avril prochain, qui marquera la fin de son mandat.

Dès 7 heures du matin (6 heures GMT), les bureaux de vote ont ouvert leurs portes à travers le pays. À Cotonou, la capitale économique, le scrutin a démarré sans incident notable, dans une atmosphère calme et disciplinée. Dans plusieurs centres, les électeurs ont afflué progressivement, certains préférant accomplir leur devoir civique dès les premières heures.
« Je vote tôt pour éviter la grande affluence de la mi-journée », explique Adéline Sonon, restauratrice de 32 ans, rencontrée à l’école Sainte-Rita après avoir glissé son bulletin dans l’urne.

L’enjeu principal reste le renouvellement des 109 sièges de l’Assemblée nationale. L’élection se déroule en un seul tour, ce qui accroît la pression sur les partis et rend chaque voix décisive. La coalition présidentielle, forte actuellement de 81 députés, ambitionne de conforter sa majorité. Face à elle, le principal parti d’opposition, Les Démocrates, qui détient 28 sièges, joue une partie cruciale pour sa survie politique.

Car ce scrutin constitue pour lui une sorte de dernière fenêtre institutionnelle. Ses candidatures aux communales ont été rejetées, tout comme celle de son candidat à la présidentielle d’avril, faute de parrainages suffisants. Pour espérer conserver une représentation parlementaire, le parti doit non seulement mobiliser son électorat, mais aussi atteindre le seuil obligatoire de 20 % des suffrages dans chacune des 24 circonscriptions du pays, un défi considérable, d’autant plus qu’il traverse une période de tensions internes.

La campagne s’est distinguée par sa discrétion. Peu de grands meetings, peu de démonstrations de force publiques. Les partis ont misé sur la proximité : visites de quartiers, échanges directs avec les populations, porte-à-porte. Une stratégie de terrain qui traduit à la fois une volonté d’ancrage local et une prudence dans un contexte politique sensible.

Au-delà des législatives, les électeurs sont également appelés à renouveler leurs conseils communaux, maillon essentiel de la gouvernance locale. Ces élections de proximité sont souvent moins médiatisées, mais elles jouent un rôle clé dans la gestion quotidienne des collectivités et dans la mise en œuvre des politiques publiques à la base.

La question de la participation reste au cœur des préoccupations. Les précédents scrutins législatifs avaient enregistré des taux historiquement bas : 27 % en 2019 et 37 % en 2023. Une faible mobilisation qui avait interrogé sur le rapport des citoyens au processus électoral. Ce dimanche apparaît donc comme un test grandeur nature pour mesurer la capacité des autorités et des acteurs politiques à restaurer la confiance.

À la veille du vote, le président de la Commission électorale nationale autonome (Cena), Sacca Lafia, a lancé un appel solennel au civisme et à la responsabilité :
« Toutes les dispositions sont prises pour garantir un vote libre, transparent et sécurisé. Aucune ambition politique ne saurait justifier la violence ou mettre en péril l’unité nationale. »

Les bureaux de vote doivent fermer à 17 heures (16 heures GMT). Dans l’attente des résultats, ce scrutin s’impose déjà comme un moment clé de la séquence politique béninoise, à la fois baromètre de la stabilité institutionnelle et prélude à une transition présidentielle très attendue.

Imedias.net